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Le Club de Mediapart lun. 30 mai 2016 30/5/2016 Dernière édition

Le jour de la mort (improbable) de Facebook

Ce n'est peut-être pas qu'une tocade. Lorsque vous tapez «How do I...» (comment puis-je...) dans Google, le moteur complète par «delete my Facebook account» (supprimer mon compte Facebook)

Ce n'est peut-être pas qu'une tocade. Lorsque vous tapez «How do I...» (comment puis-je...) dans Google, le moteur complète par «delete my Facebook account» (supprimer mon compte Facebook), révélait la semaine passée ReadWriteWeb.

Et il ne s'agit pas d'une mesure de rétorsion de Google contre le service qui conteste sa suprématie (voir le graphique): la requête était, la semaine dernière, la neuvième question la plus posée sur Google et comporte 31 millions de résultats (plus celui-ci bientôt).

Un résultat plus qu'étonnant, puisque jusqu'alors, la croissance du réseau social semblait aller s'accélérant: 100 millions d'utilisateurs en août 2008 après quatre ans et demi d'existence, 200 millions moins de huit mois plus tard en avril 2009, 300 millions six mois après en septembre, 400 millions le jour de son sixième anniversaire.

Pourquoi ce retour de bâton (qui reste à étayer, puisque selon Fortune, le service aurait encore gagné 10 millions d'utilisateurs en moins d'un mois)? Elles sont légions: parce que les conditions d’utilisation sont abusives («Vous ne fournirez pas de fausses informations personnelles», «Vous mettrez vos coordonnées, exactes, à jour»...), parce que le patron lui-même contourne les garanties de confidentialité, parce que Facebook fournit vos données secrètes aux applications tierces ou parce que, même quand la société veut protéger votre vie privée, elle n'en est pas capable.

Mercredi 12 mai, l'Union européenne a adressé une lettre à Facebook dénonçant les modifications successives du réglement, rappelant que les utilisateurs devaient donner «librement et sans ambiguïté leur consentement» à la publication de leurs données personnelles. «Facebook a réalisé ces modifications quelques jours seulement après une audition avec le groupe de travail (européen). (...) Il est inacceptable que Facebook ait modifié le réglage par défaut sur sa plate-forme de socialisation au détriment des utilisateurs», affirment les représentants de l'UE.

A l'occasion de la présentation de 170 options de confidentalité comprises dans OpenBook, le New York Times s'est d'ailleurs amusé à compter le nombre de mots dans le texte régissant la confidentialité des informations sur Facebook: de 1000 mots en 2005 le texte est passé à 2300 en 2006, à 3000 en 2007, à 5400 en 2009 pour atteindre 5830 mots actuellement, soit 5 fois l'équivalent pour Twitter et 1.300 mots de plus que la Constitution américaine. Un dédale, donc.

Et ceci reste seulement un recensement de bonnes raisons techniques, il y a aussi toutes celles qui ne le sont pas et sont plus ennuyeuses encore...

Gawker liste également toutes les raisons pour lesquelles vous ne supprimerez plus jamais votre compte Facebook, parmi lesquelles: c'est le seul moyen de vous souvenir de l'anniversaire de vos amis, de joindre ceux dont vous n'avez pas l'adresse e-mail, de savoir qui organise une fête. Parce qu'avec Facebook Connect, le compte Facebook est devenu une sorte de signature universelle, authentifiée, vous permettant d'accéder à des services en ligne en deux secondes sans remplir des formulaires sans fin. Ou encore parce que, qui se soucie encore de nos jours de la vie privée?

«Privacy is over», annonce crânement le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, dans une interview. Il est d'ailleurs suffisament sûr de lui pour traiter ceux qui «lui font confiance» en lui confiant leurs adresses, numéros de téléphone, identifiants sur les réseaux sociaux, de «dumb fucks»(traduit dans l'Online Slang Dictionnary par «personne idiote», mais je crois que c'est plus grossier que ça).

«C'est la pire erreur que commettent les nouveaux joueurs de poker: ils surjouent leur main, analyse le blogueur Jason Calcanis. Ils consacrent tant de temps à se demander comment ils peuvent gagner qu'ils oublient toutes les façons qu'ils ont de perdre. (...) Le mois dernier, Mark Zuckerberg, le meilleur des petits nouveaux, a surjoué. Facebook est officiellement hors jeu, ringard» («uncool»).

C'est aussi la conclusion à laquelle sont arrivés trois «people» du Net, la semaine passée: Matt Cutts, responsable de la lutte contre le spam chez Google, Paul Kedrosky financier et chroniquer à CNBC et Peter Rojas, cofondateur d'Engadget qui explique son geste: «1. je suis fatigué de ne pas pouvoir vraiment maîtriser ce que j'accepte de partager; 2. je préfère Twitter; 3. I'm trendy!»

Deux péquins beaucoup plus moyens, Matthew Milan et Joseph Dee, sont passé à l'action et ont décrété le 31 mai 2010 «Quit Facebook Day». 3190 promesses de départ pour l'instant (moins de 1 sur 100.000). Toutes les chances d'échouer, donc, mais une bonne idée: si les utilisateurs ferment individuellement leur compte de façon désordonnée, la mauvaise humeur ne se remarquera pas, si la vague de «suicide» connaît un début de succès, elle peut en entraîner d'autres et amener les patrons de Facebook à reconnaître aux usagers au minimum une cogestion des règles d'utilisation acceptables.

Avant de vous décider, vous pouvez faire un tour sur un tout nouveau gadget, symptomatique lui aussi de ce retournement d'opinion à l'égard de Facebook: ReclaimPrivacy. Il s'agit d'un bookmarklet (vous pouvez le prendre ici
et le placer dans votre barre de favoris). Actionné une fois que vous serez sur votre compte Facebook, il vérifiera l'ensemble de votre paramétrage et vous indiquera les choix qui menacent votre intimité.

 

Une fois la décision prise, comment faire?

Il est possible de désactiver son compte (cliquez ici) dans les paramètres du compte. Le message «vous allez manquer à vos amis» vous tirera les larmes des yeux.

Ne manquez pas de lire que ce renoncement n'est que temporaire et qu'il est toujours possible de se reconnecter avec son adresse e-mail et son mot de passe. Et que cette option ne vous fait en rien disparaître de Facebook puisqu'il faut en plus demander à ne plus recevoir les campagne de mail à venir.

Il existe un autre moyen, plus radical: la suppression du compte (cliquez ici si vous voulez en finir).

Il vous faudra encore taper votre mot de passe et un «catpcha» et cliquer sur deux nouveaux boutons de validation. Le compte ne sera que désactivé pendant 14 jours pendant lesquels vous pourrez toujours revenir sur votre décision. Après quoi, vous n'existerez effectivement plus sur Facebook.

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Tous les commentaires

Sous la pression, Facebook a simplifié son paramétrage. Voici une petite vidéo explicative (en anglais hélas, je cherche l'équivalent en français)

The Register n'y a pas entendu que des bonnes choses, notamment le fait que l'utilisateur va devoir prouver les liens qu'il établit.

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