Le poison de la gauche

Les élections européennes qui auront lieu le 26 mai vont probablement être une nouvelle "bérésina" pour toutes celles et tous ceux qui sont dans l'opposition de gauche au macronisme...

...et pourtant, lorsqu'on analyse sérieusement les sondages qui auscultent l'opinion publique, on se rend compte que le pouvoir en place (dont la légitimité ne repose que sur le refus de l'élection de Marine Le Pen) est trés minoritaire.

Car nous vivons dans une démocratie dévoyée par un parlementarisme clanique qui fonctionne de manière parfaitement aberrante avec un système dit "représentatif", c'est à dire avec des mandataires issus des classes dominantes, qui ont été élus en bénéficiant du sillage porteur de l'élection présidentielle : ainsi aboutit-on à des "chambres introuvables", peuplées de godillots bien-pensants et dociles.

Cette caricature de république qui est le pays légal bénéficie de la protection des institutions, et en particulier des forces de l'ordre. Tant et si bien qu'on oublie l'essentiel (les conditions de vie du peuple) pour ne s'attarder qu'aux modalités du maintien de la paix civile ; en réalité le maintien d'une résignation populaire.

Cet état des choses qui est le bouclier majeur de la droite, est aussi le poison de la gauche. Mais la toxicité de la démocratie représentative est aggravée par le notabilisme, qui induit le carriérisme et le clientélisme.

Ces deux plaies de la vie parlementaire sont des chancres de la démocratie ; ils sont la cause de toutes les tentations, de tous les compromis et de toutes les perversions. Ils sont en particulier la base de toutes les fragmentations et divisions politiques car si tout le monde veut l'unité, chacun la veut à son profit !

Alors, il ne faut pas "confondre unité et union", comme le faisait remarquer le Communeux Arthur Arnould.

La Révolution française n'a pas survécu au duel fratricide entre Montagnards et Girondins, la Commune de Paris n'a du son sursaut unitaire qu'à l'action de l'Union des femmes, mais elle a succombé finalement sous la mitraille versaillaise...

Aujourd'hui où la social-démocratie espagnole donne l'exemple de la résistance à la vague nationaliste, les orphelins de cette "gauche de gouvernement" qui s'est discréditée en devenant social-libérale, devraient faire leur examen de conscience en réfléchissant aux causes de la révolte des "gilets jaunes", et en appuyant leurs revendications.

Parmi celles-ci, l'une me paraît salutaire car elle constitue un pas incontestable vers la démocratie participative : le référendum d'initiative citoyenne.

Un contre-poison.

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