Quo vadis ?

En lisant attentivement les analyses fouillées de Mediapart sur la désindustrialisation de la France ainsi que le pointage implacable de Laurent Mauduit sur la typologie du clanisme inhérent aux classes dominantes, on peut se demander où va cette république bourgeoise pilotée par un jeune banquier technocrate qui se croit doté de la science infuse ?

Et pourtant, comme l'écrivait le philosophe Michel Serres, qui vient de nous quitter, "le monde tend vers l'angélisme et il n'a jamais été plus satanique" !

Sans vouloir trop simplifier la problématique économique, je suis bien obligé de constater la volonté destructrice du pouvoir politique concernant la production industrielle comme si la vocation naturelle de notre pays était finalement celle d'un grand espace de vacances voire celle d'un vaste musée !

Car depuis Hollande et sa désastreuse "politique de l'offre", l'Elysée se comporte comme le ferait une super banque d'affaires* : on privilégie la financiarisation, l'accumulation du capital...au détriment de la créativité productrice.

Quel est donc la nature du moteur macronien pour entraîner toute une nation vers un devenir incertain ?

Compte tenu de l'épisode des larmes d'Hulot, on ne peut pas en conclure que la république a été orientée vers le respect écologique. On est donc prié de chercher du côté (sordide) des intérêts de classe, des privilèges et des profits.

"Quo vadis domine ?" (où vas-tu seigneur ?) : une interrogation fondamentale qui repose inlassablement le problème du "bien public". Un destin collectif qui reste à la merci du bon vouloir de quelques individus qui se croient "éclairés"... ou qui feignent de l'être.

La revendication du RIC (référendum d'initiative citoyenne) n'est pas fortuite : elle exprime le doute profond et persistant de tout un chacun d'avoir été et d'être encore et toujours, "menés en bateau" !

Le "temps des cerises" n'est plus seulement le temps de la nostalgie, il pourrait redevenir le temps d'une nouvelle problématique communeuse.

* cf l'article de Martine Orange "Macron, naufrageur de l'industrie"

 

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