Ce blog a-t-il été fidèle à son pseudo ?

Alors que se tourne la page de la médiocre commémoration du cent-cinquantenaire de la Commune, je m'interroge sur la pérennité de ce blog, créé en 2009, qui a consacré plus de la moitié de ses 2237 billets à tenter de restaurer la juste mémoire des "72 Immortelles"...

...c'est d'ailleurs la question finale que Céline Léger* me posait dans ma grande interview qu'elle a conduite pour "les cahiers d'histoire".

Aussi je réponds très sincèrement qu'en dehors des hommages rendus à des ami(e)s disparu(e)s** et de mes cauchemars personnels (Charonne), je me suis attaché à creuser le magma mémoriel des 72 journées du phosphène Communeux en suivant mon intuition, sans a priori, et en faisant porter mon effort heuristique sur les sources non conventionnelles des "Clubs rouges" et des correspondances privées, qui m'ont été communiquées en grande partie par les abonnés de Mediapart. J'ai eu aussi le privilège de disposer d'archives familiales, celles de Victoire Tinayre (née Guerrier),d'Ana Babick (née Guerrier), ainsi que les carnets de mon arrière-arrière grand-père, Ambroise Guerrier.

Cet énorme chantier d'investigations et de recherche, qui a duré environ cinq ans, m'a fourni la matière de deux ouvrages écrits en m'inspirant de la méthode d'Henri Guillemin (à qui ils sont dédiés), c'est à dire en décodant, en démystifiant et en analysant afin de pouvoir en rétablir le message essentiel...

Ai-je atteint mes objectifs ? Compte tenu du boycottage de la grande presse, de l'hostilité à peine voilée des "amis de la Commune" et du soutien modéré voire gêné (excepté Antoine Perraud) de Mediapart, je n'ai pas réussi.

Alors dois-je continuer à prêcher dans le désert et à ressasser ma nostalgie du temps des cerises ?

Le vieux radoteur que je suis devenu laisse pourtant une trace critique (et souvent insolente) de la vie politique française de trois exécrables quinquennats de notre République bourgeoise, qui peut savourer ainsi l'héritage sanglant de Thiers et des Versaillais !

Les nouveaux historiens pourront disposer là de la chronique quasi quotidienne d'un rebelle et d'un compost révolutionnaire original, qui sont parfaitement dignes du "bachelier" Jacques Vingtras.

Nous ne sommes rien ? Soyons tout !

Jean A.Chérasse

* universitaire, elle a fait une thèse (superbe) sur Jules Vallès

** notamment Jean-Christophe Averty, Lény Escudéro, Bernadette Lafont, Nelly Kaplan, Yannik Bellon, Jean-Claude Patrice, Marc Ferro, Bertrand Tavernier, etc...

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