Le degré zéro du débat politique

La politique-spectacle étant devenue dominante et exclusive sur les "étranges lucarnes" je me demande si des zestes d'information parviennent encore aux citoyens-électeurs afin d'alimenter leur réflexion et forger leur conviction...

...et c'est d'autant plus flagrant lorsqu'il s'agit des prestations de Jean-Luc Mélenchon qui relèvent désormais plus du spectacle de la corrida que de l'explication politique !

Mais pourquoi l'animateur de "la France insoumise" accepte-t-il de se prêter au jeu ? Pourquoi fonce-t-il dans le piège, tête baissée, lorsque les "journalistes de la bien-pensance officielle" agitent devant lui la muletta ?

Il perd son sang-froid, réplique de manière acerbe et paraît ainsi conforme à l'irascible caricature dont son image est plombée...

Tant et si bien que son discours, aussi pertinent qu'il puisse être, ne passe pas, n'imprime plus. Et on s'étonne après de le voir baisser dans les sondages. CQFD.

Ce phénomène est d'autant plus regrettable qu'il affecte la crédibilité du débat démocratique, surtout dans la situation présente de la vie politique française où l'opposition à l'omnipuissance du pouvoir macronien s'incarne en un seul homme !

Lorsqu'il entre dans l'arène d'un plateau de la télévision, comment peut-il faire entendre la voix des "insoumis" lorsqu'on le bombarde de questions visiblement destinées à le déstabiliser ou à faire diversion : l'islamo-gauchisme, le Vénézuela, Poutine, etc...ce qui permet d'éviter les sujets qui pourraient mettre le néolibéralisme du quinquennat en question sinon en difficulté.

Ce déni d'information de la dernière soirée de France 2 consacrée à la politique est aussi , à des degrés moindres ou différents, la règle générale imposée aux radios, dont le fleuron est sans aucun doute l'exhibition faussement naïve de Bourdin : "les Français veulent savoir" !

Oui, Monsieur Bourdin, les Français veulent connaître ce qui les concerne, ils sont avides de vérités.

Ite missa est.

 

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