Le grand hourvari

Alors que Macron allait "saluer le vieil océan" qui lèche les rivages de l'Argentine, des moutons enragés à pelage jaune rendaient à Paris son brevet de "bivouac des révolutions" que lui avait décerné Jules Vallès...

...car il s'agissait bien de cela malgré la présentation partielle ou camouflée des images transmises sur ces étranges lucarnes qui n'ont d'autre but que de falsifier la réalité afin de conforter le pouvoir en place puisqu'elles appartiennent et sont manipulées par "les honnêtes gens".

D'ailleurs, on pourrait se demander pourquoi le jeune et sémillant président Macron n'en profiterait pas pour commémorer l'anniversaire du coup d'état de son prédécesseur, un jeune quadragénaire lui aussi, Louis Napoléon Bonaparte, qui le 2 décembre 1851, avait étranglé la Deuxième République.

Ce qui s'est passé tout au long du premier dimanche de décembre 2018 était largement prévisible car on ne joue pas impunément avec la colère populaire en opposant une fin de non recevoir à toutes ses (légitimes et fondées) revendications.

Qu'il y ait dans les cahiers de doléances des "gilets jaunes" des éléments hétérogènes et contradictoires parfaitement évidents est une réalité ; mais ils ont au moins le mérite d'être concrets en refusant ponctions, taxes et impôts supplémentaires à un moment où le niveau de vie de la population travailleuse est en train de baisser voire de s'incliner vers le paupérisme.

Ils sont en tout cas, le cri de souffrance et d'humiliation de cette France délaissée qui ne veut pas sombrer dans la misère !

Face à l'inertie hypocrite des classes dominantes qui se sentent quitte dans la mesure où elles donnent aux restos du coeur ou au secours catholique l'interrogation sans réponse des autres ne peut s'exprimer que par le bruit et la fureur.

D'où cette violence iconoclaste qui s'en prend à tout ce qui a pignon sur rue et qui représente symboliquement le désir d'une consommation frustrée dans une société dont toutes les valeurs tournent autour de l'argent !

Naturellement, la société bourgeoise peut réagir comme l'avaient fait les Versaillais en 1871, en faisant massacrer par l'armée une grande partie du prolétariat parisien...25 à 30 000 fusillés. Mais aujourd'hui, Macron ne peut pas se comporter comme Bachar el Assad, il va sans doute utiliser son arme favorite, le mensonge d'Etat.

Et la violence va sans doute empirer dans la mesure où il n'y a dans la classe politique aucune voix suffisamment puissante pour le contreduire !

Alors détruire, disent-ils...

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