Souriez, vous êtes gazés !

En fait l'enfumage induit par les pouvoirs publics s'effectue sous deux formes : un show du Président en chemise au cours de jactances interminables dans des cénacles d'édiles municipaux guindés dans leurs habits du dimanche barrés de l'écharpe tricolore, et dans les rues françaises où les manifestants doivent subir un gazage lacrymogène...

...c'est la réponse égoïste d'autodéfense de la république bourgeoise aux revendications des souffrances de cette "France périphérique" qui n'en finit plus d'exprimer son ras-le-bol exacerbé par une grande colère de jacquerie !

Et à cette fin de non-recevoir, à ce dialogue des sourds s'est ajoutée la gouvernance du flash-ball qui éborgne et mutile ; nous ne sommes plus loin des pelotons suisses tiraillant sur les sans-culottes au château des Tuileries ni des mercenaires avinés de Thiers et de Mac-Mahon fusillant les Communeuses et les Communeux dans les jardins publics parisiens.

La force incoercible de ce mouvement, c'est sa dispersion sur tout le sol national et aussi son inorganisation formelle, son refus d'entrer dans un système dont la nature a été façonnée et codifiée par les classes dominantes.

Il y a chez les gilets jaunes un potentiel de révolte qu'aucune répression ne pourra atténuer.

C'est pourquoi les éléments les plus lucides d'entre eux repoussent avec force toute initiative de participation au "grand débat" macronien, et à des élections pour nommer des mandataires qui ne seraient ipso facto que des pions d'un appareil d'Etat bourgeois, dont ils deviendraient une sorte de caution démocratique. C'est particulièrement le cas de ces "élections européennes" du mois de Mai qui ne produiront qu'une assemblée sans pouvoir législatif réel...

Mais dans cette caricature de démocratie représentative qu'est devenue la France du XXIe siècle, il peut y avoir des fuites de gaz.

On en connaît les effets...

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