Perfide Albion ?

La sortie fracassante de l'Union Européenne par le Royaume Uni est-elle une défaite pour le vieux continent ou bien une péripétie dans la longue durée des rapports de l'Angleterre avec les autres nations de l'Europe géographique ?

Tout affect soigneusement rangé au tiroir, c'est ainsi qu'il faudrait regarder l'exécution de ce "Brexit", dont on nous rebat les oreilles depuis trois ans et qui vient d'être effectif depuis le début du mois de février...

Car en définitive, nos cousins anglais, les sujets de sa gracieuse Majesté Elizabeth II, viennent de nous donner un bel exemple de comportement démocratique puisqu'ils viennent de respecter scrupuleusement le résultat du référendum qui avait donné une nette majorité à la sortie de l'Union européenne...ce qui, après Maastrich, ne fût le cas ni de la République française ni de la République fédérale allemande !

Nous voilà donc, près d'un millénaire après Hastings (1066), et plus de cinq-cents ans après Azincourt (1415) aux prises avec les démons de l'histoire qui ont induit différence, altérité et rivalité avec ces voisins d'outre Manche que nous admirons et craignons en même temps...Comme si les souvenirs cuisants de Trafalgar (1805) et de Waterloo (1815) pesaient encore dans la balance mémorielle ! Mais n'oublions pas qu'en juin 1940 un projet de double nationalité franco-britannique a été envisagé afin de faire face à la déferlante allemande...

En réalité, les "rosbifs" viennent de tirer le signal d'alarme en nous invitant à franchir le pas : qu'avons nous à faire avec cet ersatz d'une Europe des nantis, pilotée par des technocrates et des comptables, pour le plus grand profit des oligarchies financières et des grandes banques d'affaires ?

Qu'avons-nous à gagner en alimentant cette bureaucratie sans états d'âme et ce parlement sans réel pouvoir législatif qui nous coûte pourtant la peau des fesses avec ses infrastructures dispendieuses ?

Le Brexit qui va probablement faire de l'île anglaise le porte-avion de Wall Street, est non seulement un déni géographique, mais il marque le début du processus de décomposition de cette entité économique et culturelle bienfaisante dont avaient rêvée "les pères fondateurs" aux lendemains de la seconde guerre mondiale.

N'oublions pas qu'au XIXe siècle, Hugo avait imaginé "les Etats-Unis d'Europe"...

Le XXIe pourrait-t-il être enfin, celui de l'union fraternelle des peuples ?

Une Europe communaliste.

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