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Le Club de Mediapart lun. 26 sept. 2016 26/9/2016 Dernière édition

Le changement, c'est communiquer autrement

"Gouverner, c'est prévoir" avait justement écrit Pierre Mendès France. Il aurait pu ajouter car il avait donné l'exemple avec ses causeries à la radio, "Gouverner, c'est communiquer".

Le marasme actuel de l'exécutif français est partiellement du à une carence de communication comme j'ai essayé de l'exprimer dans mon précédent billet. C'est un problème fondamental qui peut être résolu sans dépenser un centime mais, pour cela, il est indispensable que la volonté du Président prévale et s'impose à tous les rouages de transmission de la machine gouvernementale.

En effet, pour que notre démocratie d'opinion puisse coincider avec notre démocratie légale, il convient d'éviter tout "effet d'annonce" qui serait démenti par les faits. Et la communication officielle doit être obligatoirement accompagnée d'un souci pédagogique, d'un effort systématique d'explication du bien-fondé des décisions et de leur justification pour le bien public.

Par ailleurs, il est urgent que les grands médias nationaux, radio et télévision, soient l'objet d'une réforme profonde.

Car autant le changement dans la politique de communication peut être effectif du jour au lendemain, autant le changement culturel indispensable pour faire évoluer les mentalités, est une oeuvre de longue haleine.

C'est le cas en particulier pour France-Télévision que l'on devrait métamorphoser en TNP, Télévision Nationale Populaire. Ce qui ne signifie pas l'orientation du service public vers un élitisme culturel dissuasif mais vers une programmation de qualité, basée sur notre patrimoine littéraire et théâtral ou vers des oeuvres originales, attrayantes sans trivialité. Il n'est pas admissible aujourd'hui que 80% des programmes de fiction soient des séries américaines policières et qu'en matière d'émissions dites "historiques", le téléspectateur français n'ait le choix qu'entre le snobisme de Stéphane Bern ou la cuistrerie bien-pensante de Daniel Costelle !

A notre époque où la communication publique est devenue un levier essentiel du fonctionnement de la démocratie et le sang qui irrigue la société, le pouvoir politique semble ne pas avoir conscience de cette lourde responsabilité.

Comme dans une chanson de Jacques Brel, on pourrait dire que "chez ces gens là, on ne pense pas, on compte " !

 

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Tous les commentaires

Le problème de la "gauche-bobo" c'est qu'elle pense que le peuple ne peut pas être éduqué.

Il suffit de voir comment l'élite du PS a mis la main sur l'éducation nationale publique, en créant des filières de sélection "classes européennes" au sein des collèges et des lycées, d'où sont exclus les fils de concierges, les fils d'immigrés et les enfants des basses couches sociales.

A Paris, ce fut un des combats "politiques" du CDPE- FCPE, casser les classes de niveaux.

On retrouve ce système de "castes", de culture pour le peuple, donc forcément de moindre qualité, dans nos médias. Avec un mépris qui se lit et s'entend dans la manière dont les économistes et les journaleux s'adressent aux "petites" gens.

Pourtant la qualité des contributions sur MEDIAPART prouve au contraire que le peuple est de mieux en mieux informé et de plus en plus exigeant et sélectif.

Il y aura logiquement une césure dramatique entre cette image populo-négative d'un PS qui boursicotte comme il jouerait au tiercé et la réalité citoyenne d'un éveil des consciences populaires.

Oui, votre billet devrait être à  la Une. Au moins pour remettre en perspective ce qui est communication et ce qui relève de la démagogie.