L'apostasie socialiste

Pourtant nous n'étions pas dupes en allant voter François Hollande au deuxième tour de l'élection présidentielle. On voulait y croire : le discours du Bourget, le "Moi Président" au cours du face à face avec Nicolas Sarkozy, les 75%...Mais nous sommes d'incorrigibles naïfs.

Six mois après, le réveil est brutal, l'llusion s'est dissipée, le "changement" est celui du pire !

Nous pourrions, comme Jacques Roux et le groupe des "Enragés" en 1793, faire cette déclaration à l'opinion publique : "La liberté n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément. L'égalité n'est qu'un vain fantôme quand le riche par le monopole exerce le droit de vie et de mort sur son semblable. La république n'est qu'un vain fantôme quand la contre-révolution s'opère, de jour en jour, par le prix des denrées, auxquels les trois quarts des citoyens ne peuvent atteindre sans verser des larmes."

Interrogé ce matin sur France Inter, Jean-Pierre Chevènement n'a pu masquer sa déception , même si ses paroles ont été enrobées dans un excipient de politesse bienveillante. Ce qui ne l'empêchera pas de s'abstenir ou de voter contre un gouvernement ...qu'il est censé soutenir puisqu'il fait partie de la majorité présidentielle.

La seule opposition à cette politique d'apostasie socialiste est celle du Front de gauche et d'une fraction d'EELV : un cadeau pour l'UMP qui est ravie de constater que le PS est bien tombé dans le piège du pragmatisme libéral et va devoir faire à sa place "le sale boulot" en reniant ses engagements et ses valeurs. Le sale boulot de la technocratie européenne.

Jaurès, Blum et les autres, réveillez vous ! ils sont devenus fous.

NB/ un "collectif pour un audit citoyen de la dette publique" appelle à une manifestation le 14 novembre

www.audit-citoyen.org

 

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