Gott mit Uns

Comme l'a si bien exprimé Gavroche dans un billet intitulé "Des bruits de guerre", nous vivons un été de semi insouciance alors que le monde est en train de rouler peu à peu vers l'abîme d'une nouvelle guerre mondiale...

Je me souviens avec terreur de cette devise "Gott mit Uns" (Dieu avec nous) qui figurait sur les ceinturons des blonds guerriers allemands de la Wehrmacht paradant rue Carnot à Dijon lorsque nous sortions du Lycée en 1941, avec nos cahiers de cours d'anglais, décorés ostensiblement d'une vignette reproduisant le drapeau britannique.

Cette sombre période avait suivi, aux dires de mes parents et de mes grands-parents, quelques années de tranquillité et de bien-vivre altérées toutefois, par une montée des périls dont on percevait vaguement les contours.

Gavroche, dont j'apprécie la perspicacité et la belle vitalité politique, a raison d'écrire que nous nous trouvons aujourd'hui dans une situation analogue à celle des années Trente, ces années des derniers beaux jours avant l'embrasement mortel de l'Europe, puis de la planète tout entière.

Quand on songe que le proche Orient, avec l'anthrax israélo-palestinien, est probbablement condamné à une guerre de cent ans, quand ces malheureuses populations ainsi que celles d'Afrique victimes de toutes les catastrophes et des déréglements climatiques sont dans l'obligation de venir mendier leur survie auprès de nations européennes confites en égoïsmes et dans la bien-pensance monétaire, on ne peut que trembler à l'écoute de cette actualité de plus en plus mortifère.

Comme dans cette période d'avant-guerre qui fut marquée par l'inéluctable ascension du boutefeux luciférien, nos yeux se dessillent à peine lorsque les deux dictateurs, russe et turc, se rencontrent et se congratulent au cours de cette"journée particulière" où l'attention du monde reste braquée sur les bassins de natation de Rio de Janeiro.

Nos yeux ne se dessillent pas non plus lorsqu'ils apercoivent, à l'horizon, un cyclone populiste que l'on a baptisé "Trump"...

Et dans le même temps, un ersatz d'Europe animé par des bureaucrates, continue à empiler des statistiques et se demande comment il va réussir à détourner encore un peu plus longtemps, la colère des peuples qu'il est censé protéger et administrer : dormez braves gens, nous avons la situation en mains, les terroristes sont surveillés et les réfugiés ne viendront pas frapper à votre porte...

Par ailleurs, l'euro se porte bien. Les Bourses prospèrent. Et les banques itou.

Notre "Gott mit Uns" vaut bien leur misérable "Allah Akbar" !

Ni dieu ni prophète.

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