Vent de paroles

Les palinodies concernant le pactole de la responsable du "grand débat" octroyé aux gilets jaunes pour qu'ils cessent de venir troubler la digestion des "honnêtes gens" masquent la réalité de leurre que cette opération de communication officielle comporte !

Car il s'agit bien d'un leurre, d'une mystification, d'une tromperie...puisqu'il "n'est pas question de détricoter tout ce qui a été fait dans les dix-huit premiers mois du quinquennat" a déclaré le tambour de ville Benjamin Griveaux.

Alors, pourquoi mobiliser les Maires et quelques élus pour inciter la population à venir écrire et déposer des cahiers de doléance qui ne seront jamais pris en considération sinon jamais lus ?

On se souvient du magnifique téléfilm réalisé en 1977 par Maurice Failevic, 1788, et de son évocation lyrique montrant l'élan des petites gens pour raconter leurs misères et leurs souffrances dans le royaume de la France de Louis XVI...

Aujourd'hui, la révolte des ronds points n'est retenue que pour son écume pittoresque par la grande presse aux ordres en dehors du reportage excellent de Florence Aubenas et des billets de blog  pertinents et révolutionnaires de Frédéric Lordon.

Mais elle a donné aussi l'occasion pour un philosophe indigne de ce nom*, de souhaiter que la police utilise ses armes contre les manifestants !...

En fait ce "grand débat" n'est qu'une mise en scène foireuse destinée à gagner du temps afin d'anesthésier l'opinion publique, jouer sur sa lassitude ou son indifférence pour réaliser sans réelle opposition, toutes les mesures propices aux intérêts des oligarchies dans ce champ de tir néo-libéral  de la mondialisation sauvage.

Les chiens peuvent aboyer, la caravane des injustices continuera de passer...

* Luc Ferry

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