Le trompe l'oeil du 26 mai

Au risque de venir croupir dans la trivialité politicienne, je suis effaré de constater que la prochaine consultation électorale européenne est en train de se réduire à un duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, comme si en dehors de ce pancrace sommital qui est en quelque sorte la revanche du deuxième tour de la "présidentielle", tous les autres n'existaient pas !

Et pourtant il y a une bonne trentaine de listes qui ont été déposées pour cette compétition qui, faut-il le rappeler, ne passionne guère les Françaises et les Français compte tenu du rôle secondaire ou mineur joué par cette assemblée parlementaire, qui est plus un lieu de vaine jactance que d'élaboration législative...

Lorsqu'on jette un oeil sur les sondages, on se rend tout de suite compte que si la majorité des intentions de vote penche globalement à droite, elle se divise sur les modalités de la gouvernance européenne, libérale et technocratique selon les uns, protectionniste et nationaliste selon les autres. 

Mais que ce soit LREM, le RN ou LR, il n'y a aucune remise en cause de la structure para-capitaliste de l'Union européenne et de sa vassalité aux oligarchies financières : "l'Europe du fric" reste une citadelle bourgeoise où tous les coups sont permis pour les agioteurs, les spéculateurs et les lobbies. Les peuples restent aux abonnés absents.

Pourtant, je suis absolument certain qu'il y a sur le vieux Continent une majorité (silencieuse et abusée) qui préférerait que l'Europe soit un espace de paix, de bien-être, de justice sociale, et de fraternité universelle !

Alors que font ceux qui expriment ces nobles idées ?

Ils se sont divisés, émiettés, balkanisés...tant et si bien que de nombreuses listes n'atteindront pas les 5% fatidiques pour avoir des élus !

Hormis les "insoumis" dont la carcasse cabossée reste néanmoins suffisamment vaillante pour glaner les voix de gauche du bon sens...ainsi que celles de ceux qui pourraient manifester leur écoeurement en s'abstenant devant ce trompe l'oeil électoral.

Le 26 Mai prochain, cinquante après, ce slogan de la "Commune étudiante" reste toujours vrai :

élections, trahison.

NB/ lire sur l'excellent site "L'inactuelle", l'article de Frédéric Dufoing "Le capitalisme du désastre"

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.