L'homélie du chanoine de la république

Déjà "le petit chose" perçait sous "Julien Sorel", mais après avoir gravi en souplesse les quelques marches le conduisant à la tribune du Congrès, c'est l'increvable Tartuffe qui est apparu...

...car il n'y a pas été avec le dos de la cuillère, il s'est montré humble et disponible pour reçevoir toutes les récriminations et les plaintes, il a fait amende honorable en surjouant la posture du gamin grondé parce qu'il a trempé son doigt dans le pot de confiture.

Et puis reprenant son souffle après cette précaution qui n'avait d'oratoire que celle qui exalte parfois les chanoines du chapitre, il a suivi "un chien crevé au fil de l'eau" en déroulant son catalogue de réformettes dont l'album devrait constituer "l'Etat-providence du XXIe siècle". Mais ce chien là n'est pas le chien andalou de Bunuel et Dali, ce serait plutôt celui des Baskerville qui aurait attrapé la pelade...

En effet lorsqu'on associe les mots "état" et "providence", il faut se méfier car ce monstre froid et inhumain qu'est l'Etat n'a d'autre but que sa propre existence, son renforcement, sa confortation régalienne, son pouvoir absolu et dictocratique.

Quant à la "providence", lorsqu'elle n'est pas divine, elle ne concerne que ceux qui veulent bien y croire, mais ils sont nombreux hélas les bateleurs et les charlatans qui la colportent et la dispensent, en toute impunité !

Etat-providence est en réalité un oxymore qui permet aux classes dominantes d'exercer leur pouvoir sur les autres, de les exploiter, de les humilier, et aussi parfois de les exclure...

L'éthique de la tique. Mais une éthique anglo-saxonne, une lointaine retombée du plan Marshall et de son offensive culturelle.

Cela étant, après avoir été le foyer de la monarchie absolue, Versailles est donc devenue le super bunker du pouvoir bourgeois, le four solaire de la providence octroyée.

Le jeune Tartuffe maître-chien, digne héritier d'Adolphe Thiers y a donc prêché, et les "honnêtes gens" ont aboyé de reconnaissance. 

Cave canem !

 

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