Putréfaction & goinfrage

Après les affaires Ghosn, Balkany, Tapie, etc...on est en droit de poser des questions sur l'incivisme et l'immoralité des classes dominantes ainsi que sur le degré de décomposition de la société française sous la république macronienne, dont les deux principaux pouvoirs, le législatif et l'exécutif sont déjà corrodés par la démocrature...

...reste le pouvoir judiciaire qui vient d'imploser avec l'incohérence des jugements rendus au civil et au pénal, comme l'a si bien analysé Laurent Mauduit dans son article du 9 juillet.

Dans une passionnante étude relative au krach d' une banque catholique qui a précèdé l'affaire Dreyfus*, l'excellente sociologue Jeannine Verdès-Leroux concluait en affirmant qu'on pouvait radiographier au mieux une société à travers ses scandales...

C'est donc bien, notamment en examinant le feuilleton scandaleux Tapie, que nous sommes invités à comprendre "qu'il y a quelque chose de pourri" dans la république française et que notre paquebot national, piloté par des sybarites ou des charlatans, vogue dans le brouillard néolibéral vers l'iceberg qu'il ne devrait pas manquer de heurter. Un paquebot où se goinfrent "les copains et les coquins" ; en toute impunité...

En tout cas, on pourra dire que la Ve République aura été fidèle à celle, versaillaise, dont elle est issue puisque la première grande arnaque officielle a été commise en 1871 par le Président Adolphe Thiers, qui avait prélevé à son profit une juteuse commission sur les 5 milliards de francs or que Bismarck avait exigés pour signer la paix !

Je trouve particulièrement indécente cette explosion de joie des affidés Tapie et incroyable ce triomphalisme des grands medias à l'annonce du verdict alors que ce tribunal n' a fait qu'appliquer la loi en reconnaissant l'inconsistance des preuves à charge et le gonflage artificiel des anathèmes du parquet, mais je suis interloqué par l'absence de références  aux connexions politiques de ce scandale et à la compromission des Guéant-Sarkozy dans cet imbroglio maffieux ; seule, Christine Lagarde, semble avoir été éclaboussée par cette vague boueuse.

Il n'en reste pas moins que nous avons pu apercevoir la vermine sous "les haillons hideux de l'histoire" et je ne suis pas certain que la puanteur atroce de ce fiasco judiciaire disparaîtra avec l'odeur de flanc grillé des pétards du 14 juillet.

Mais pour Balkany désormais, tous les espoirs sont permis.

* dans la grande campagne antisémite de "la libre parole" d'Edouard Drumont, on a accusé "la banque juive" d'avoir assassiné "l'Union générale", d'Eugène Bontoux, qui gérait les fonds de l'église catholique

 

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