Thiers//Erdogan, d'un bourreau l'autre !

Alors que le monstrueux Trump continue à incendier ce qui reste du proche Orient en reniant notamment la parole américaine vis à vis des Kurdes dont la participation militaire a été essentielle pour venir à bout de Daesh, le dictateur turc utilise sa puissante armée pour mettre la main sur le Kurdistan

Allons-nous assister, cent-quarante neuf ans après le printemps tragique de Paris en 1871, à une nouvelle Semaine Sanglante ?

Car il s'agit bien de cela puisque le Rojava (dont j'ai analysé le régime politique dans le volume 2 des "72 Immortelles")* est une mise en pratique des idées et des principes élaborés par la Commune de Paris, dont la doxa a été énoncée et précisée par Arthur Arnould qui a inspiré les travaux du sociologue américain Murray Bookchin ; et on retrouve tout cela chez leur disciple, Abdullah Ocalan, père du "Confédéralisme démocratique" associant les cantons de Djezireh, Kobané et Afrin qui sont administrés par des "Conseils populaires", sous le sceau d'un "municipalisme libertaire" prônant l'égalité, la tolérance et la justice sociale...

Pour être vraiment explicite, faut-il dire que le Rojava présente une figure diamétralement opposée à celle de la société turque, corsetée par la dictature d'Erdogan, qui est exercée au seul profit des riches propriétaires ottomans...?

D'ailleurs, en janvier 2014, ce communalisme original s'était doté d'une nouvelle constitution dite "Contrat social", concernant quelque six millions d'habitants à 60% kurde, une charte collective établissant notamment les justes droits des femmes ainsi que les principes d'un gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple : de quoi hérisser la haute bourgeoisie turque et l'incliner, à l'instar des Versaillais vis à vis des Communeux, à tenter de les exterminer !

Comme Adolphe Thiers, Erdogan n'hésite pas à couvrir d'insultes ses adversaires, les traitant de bandits et même de terroristes...

Jouant avec cynisme sur toutes le contradictions occidentales, et fort de son appartenance à l'OTAN, Erdogan a décidé de profiter de la grande confusion syrienne pour tenter d'éradiquer le PKK, son ennemi intérieur, et aussi pour conquérir "une bande de sécurité" prise sur un territoire dévolu aux Kurdes (au Nord et au Nord-Est de la Syrie), dont les héroïques milices armées avaient réussi à déloger les bandits de DAESH.

Allons-nous laisser massacrer ceux qui nous ont permis de vaincre cette vermine terroriste qui a endeuillé notre pays ?

Allons-nous assister impuissants à ce nouveau crime contre l'humanité ?

Vive le Kurdistan autonome (Rojavayé Kurdistané), pacifique et libre !

Fraternité oblige.

* "Les 72 Immortelles", éditions du Croquant

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