Guerre à la guerre !

Aujourd'hui qui est le jour anniversaire de la mort d'Arthur Rimbaud (en 1891, vingt ans après l'extermination de la Commune) il me semble opportun de citer "Le dormeur du val", ce poème simple et bouleversant qui rend obsolètes et inutiles la plupart des jactances sur la paix ou des péroraisons mémorielles...

... il ne s'agit évidemment pas de la "grande-guerre", mais de celle qui l'a précédée quarante-quatre ans auparavant, en 1870.

 

"C'est un trou de verdure où chante une rivière,

  Accrochant follement aux herbes des haillons

  D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,

   Luit ; c'est un petit val qui mousse de rayons.

 

   Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

   Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

   Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,*

   Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 

   Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

   Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

   Nature, berce-le chaudement : il a froid.

 

   Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

   Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

   Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit."

* sous le ciel

 

 

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