La dignité d'un Président ?

On ne répond pas aux "gilets jaunes" avec des gilets pare-balles !

Selon Paul Ricoeur, ce philosophe dont Emmanuel Macron a été un disciple, la notion de dignité renvoie à l'idée que "quelques chose est dûe à l'être humain du fait qu'il est humain". 

Cela signifie que toute personne mérite un respect inconditionnel, quels que soient l'âge, la santé physique ou mentale, l'identité de genre ou l'orientation sexuelle, la religion, les conditions sociales ou l'origine ethnique de l'individu en question.

Pour avoir ignoré (ou transgressé) cette ligne éthique, l'actuel Président de la République française, qui a été désavoué par une majorité de la population et la quasi totalité des classes laborieuses, devrait mettre fin à ses fonctions en redonnant au peuple la faculté légale de lui trouver un successeur choisi sur un programme de salut et de bien publics.

Mais au-delà de sa personne qui est l'incarnation du bourgeois diplômé et friqué, jeune quadragénaire issu de cette "France d'en haut" héritière des Versaillais qui a réussi depuis près d'un siècle et demi à accaparer tous les pouvoirs de la nation dont elle détient les leviers économiques et financiers, c'est le système républicain qui est en question.

Si l'on écarte d'une pichenette le recours à une ganache cinq étoiles, cet "homme à poigne" réclamé par certains nostalgiques de Vichy, notre démocratie pourrait être regénérée par internet et les facilités modernes proposées pour la communication collective et l'agora.

En effet, elle serait en mesure grâce à ces réseaux numériques de porter tous les problèmes de gestion nationale sur la place publique, de recueillir et d'analyser tous les points de vues, et de trouver enfin le consensus indispensable avant d'édicter toute décision majeure.

Ce mode de fonctionnement, que l'on nomme aujourd'hui "démocratie participative", a été expérimenté au cours des "72 Immortelles"*, dans les quartiers de Paris, les mairies d'arrondissement et les Clubs rouges ouverts tous les soirs dans les églises : cela a permis d'esquisser en un peu plus de deux mois, les grandes lignes d'une oeuvre législative que les IIIe, IVe et Ve Républiques mettront quelque 150 ans à réaliser...

Alors Monsieur le Président, ne cherchez pas à finasser avec la volonté du peuple en collant des rustines sur une chambre à air criblée de trous...

Retirez-vous,  faites ce geste gaullien, l'histoire en tiendra compte !

* La Commune de Paris : 18 mars/ 28 mai 1871

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.