L'étoile du Berger

Alors que l'on subira mercredi la litanie oiseuse du discours gouvernemental concernant le nouveau système des retraites, le monde du travail a les yeux fixés sur l'homme qui est devenu la pièce essentielle de cette affaire, et dont le point de vue peut faire basculer ce dispositif scélérat...

...il s'agit évidemment de Laurent Berger, secrétaire général de l'une des deux grandes organisations syndicales françaises, la CFDT.

Or ce leader syndical, qui est un partisan de "la retraite par points", émet depuis l'élection d'Emmanuel Macron, les plus extrêmes réserves sur son action gouvernementale : "les ministres se sont paumés, les uns disant le contraire des autres", et stigmatisant Edouard Philippe  "qui dit des choses qui ne sont pas encore décidées"...d'ailleurs "si dans cette réforme, il y a idée qu'il faut travailler plus longtemps, c'est niet. C'est niet." Et Laurent Berger de préciser : " Cette réforme devait être qualitative et de justice sociale. Petit à petit, un intrus - l'équilibre financier - s'est invité dans la discussion. S'il y a le moindre élément de réforme paramétrique, la CFDT se mobilisera."

Alors ?

Sur le fond, les deux grandes centrales syndicales portent le même diagnostic quant au macronisme, une politique de classe qui "nous a habituées à ne pas aller dans le sens de la justice sociale !"

"A vouloir faire des économies budgétaires, on en oublie la complexité des réalités sociales et surtout la justice sociale. Or sans justice sociale, il n'y a pas de cohésion sociale, le ciment de notre démocratie."

Ce régime de retraite universel qui fut l'une des revendication de longue date de la CFDT et qui pourrait être mieux conçu et formulé afin de respecter la pénibilité du travail selon les différents schémas envisagés par les économistes, ne devrait pas obérer la cohésion de cette France d'en bas dont les colères explosent aujourd'hui.

Si le front syndical se constitue, il peut être invincible !

Une occasion inespérée...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.