La société du mal-être ou la détresse française

Oscillant comme le pendule d'un sourcier entre la "société du spectacle" et la "société du fric", la France aborde le XXIe siècle sans avoir assimilé ses traumatismes historiques ce qui l'amène à se laisser peu à peu gagner par le pessimisme et la perte de confiance en elle-même !

Non seulement le début de l'année nouvelle marque un constat de l'échec politique du quinquennat d'Emmanuel Macron mais aussi et surtout la déliquescence sociétale d'un pays de plus en plus fragmenté et de plus en plus divisé.

Tant et si mal que certains observateurs vont même jusqu'à envisager un recours à la dictature comme étant la seule solution pour trouver un viatique...mais les "hommes providentiels" font partie d'une espèce rare et ce ne sont pas les cinq étoiles du frère du chouan de Vendée qui seraient susceptibles de peser dans la balance...

La république bourgeoise, issue du massacre de la Commune il y aura bientôt 150 ans, est à bout de souffle. Pourtant elle s'est adaptée à l'évolution de la société, elle a survécu à deux guerres mondiales et a été contrainte à décoloniser. Mais, malgré les sollicitations du Front populaire en 1936 et celles du Conseil national de la Résistance en 1945, elle n'a pas pris en marche le train de cette démocratie sociale et fraternelle qu'avaient imaginée les Communeux.

C'est bien pourquoi il y a un fond d'anarchisme en France, qui s'est manifesté en mai 1968 et qui se télescope avec un monarchisme inné, rampant  et inconscient dont l'origine se perd dans la nuit des temps : la domination sociale serait-elle une fatalité ?

Tout cela produit un affligeant oxymore sociétal et un embrouillamini que ne maîtrisent plus les oligarchies financières qui pilotent la nation pour le compte des classes dominantes...

L'élection-surprise du Caligula "marcheur" est le dernier avatar de cette singulière contradiction.

Elle ne pourra être dénouée que par une révolution.

Car les "sans dents" ont appris à mordre.

Pacifiquement ?

NB/ puis-je rappeler à mes lectrices et à mes lecteurs que la Commune de Paris est le fruit d'une révolution sans effusion de sang ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.