Baron noir : vitrine de la médiocrité politicienne

La série "Baron noir" dont la 3e saison commence à être diffusée, est la parfaite vitrine de cette agitation politique faisandée que je pointais dans mon billet du 10 février...

...écrite par Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, réalisée par Ziad Doueiri et Antoine Chevalier, les tribulations d'un politicien de haut vol, magistralement interprété par Kad Merad, illustrent à la perfection le cloaque électoraliste où s'est embourbée notre vie citoyenne.

Une vie politique qui est totalement dominée par les ambitions personnelles et largement tributaire des intérêts privés. Ce qui est tout à fait compatible avec une gestion de classe dans une république bourgeoise.

Cette série, qui a pris pour cible le marigot du PS, cette "vieille maison" toujours hantée par les fantômes de la SFIO, radiographie les turpitudes des apparatchiks et des stipendiés d'un pouvoir d'Etat acquis à force de mensonges et de démagogie, avec toutes les facéties et les entourloupes qui pourraient faire les délices d'un politologue chevronné, du type Alain Duhamel.

La télévision étant, parfois à son insu, un témoin objectif de son temps, projette là un brutal éclairage de notre actualité ; ce qui devrait pouvoir démystifier le ron-ron politicien dont nous gratifient les médias ainsi que les bêlements des macronards de Panurge, dont l'autosatisfaction et la niaiserie tentent de donner au bon peuple l'image rassurante et pépère d'une gestion moderniste de bon aloi...

Pourtant, le deuxième épisode de cette 3e saison se termine par la confession publique d'un élu (joué par Hugo Becker) qui reconnait s'être renié en tombant dans le piège de la stratégie électorale, ce bréviaire de tous les politiciens sans foi ni loi, dont l'addiction au pouvoir prime sur le reliquat bien mince de leurs convictions initiales : un peu d'oxygène pour dissiper les miasmes !

Mais il est trop tard et l'élu, à l'instar de Jospin, déclare "se retirer de la vie politique".

Quant au "Baron noir", il n'est pas un mouton noir : il joue perso dans le marigot bourgeois.

C'est un macron-noir.

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