Indignation, insoumission ou émancipation ?

Alors qu'un quarteron de bobos réuni sur les bords de Loire, s'apprête à trouver de nouvelles solutions pour une paisible et raisonnable collaboration avec les classes dominantes et que le tribun de la France insoumise remâche inlassablement la potion amère de sa chute électorale, le monde des exploités, des humiliés, bref des parias de la société...gronde d'une sourde colère !

C'est ainsi que va s'achever le printemps de l'an 2019, dans un pays sous dictocratie, où tous les mauvais coups vont être permis, sans aucune opposition sinon celle d'un faux rempart nationaliste, médiocre avatar d'un boulangisme revu et corrigé par le Maréchal Pétain...

Or depuis le 17 novembre 2018, le tréfonds français a bougé, il s'est manifesté (parfois avec une certaine violence) et il a réussi à mettre en échec le pouvoir bourgeois qui a multiplié les ruses et les stratagèmes pour l'endiguer : avec la complicité des médias, on a magistralement conduit une grande opération de communication afin de rassurer "les honnêtes gens" cornaqués par les "élites" bien-pensantes.

Ces supplétifs de la protestation populaire qui se sont popularisés sous l'appellation de Gilets Jaunes ont montré aux syndicats, notamment à l'occasion du 1er mai, qu'il y avait d'autres formes de lutte et ils ont par la même occasion, ringardisé les partis politiques de gôche réduits à une dérisoire figuration dans les palais de la République.

Alors, où en sommes-nous aujourd'hui lorsque nous slalomons dans les décombres de la démocratie française ?

Le temps est-il toujours à l'indignation comme le proposait Stéphane Hessel ou bien à l'insoumission comme l'a préconisée dans des discours enflammés le tribun Jean-Luc Mélenchon ?

Un grand vent va se lever et ce n'est plus seulement "un vent de paroles" : l'union de tous les matraqués et de tous les oubliés de la société est en train de se coaguler, non pas pour un "libéralisme humaniste" cette dernière petite blague de François Hollande, mais pour l'émancipation des "sans dents" qui ont enfin appris à mordre.

Macron peut bien aller célébrer le bi-centenaire de la naissance de Gustave Courbet, il "fait le job" mais il ne se doute pas qu'en rendant hommage au peintre communeux de "l'origine du monde", il a déclenché un mécanisme invisible et irréversible :

l'insurrection démocratique.

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