Pourrisse la contestation populaire plutôt que la retraite à points !

C'est probablement ce que pense le muscadin de l'Elysée en spéculant sur l'essoufflement du mouvement et le fait que la grève va devenir insupportable financièrement pour les plus modestes. Ayant désormais fissuré le front syndical, il va aborder l'échéance de 2022 avec deux "alliés objectifs", Laurent Berger et Marine Le Pen !

Le cynisme de classe macronien est parfaitement apparent dans les multiples déclarations de cet homme à la barbe mitée, qui s'exprime au nom d'une camarilla bourgeoise qui n'a cure des manifestations de masse exigeant le retrait d'un projet injuste et ignoble. Ne s'est-il pas arrogé le droit de proposer à la population tout entière un nouveau système de gestion des retraites au nom d'un Président élu par défaut sur un socle ne représentant que le quart de l'électorat français ?

"L'Etat, écrit avec pertinence Raoul Vaneigem, traite les protestations comme un mouvement d'humeur plébéienne, car il n'ignore pas les limites d'un mécontentement explosif. Sitôt terminée la "grande" manifestation, ou l'émeute traditionnellement réprimée, chacun rentrera chez soi, dissimulant mal sa morosité sous la jactance du devoir accompli. Frustré du changement espéré, le chambardement vire au charivari.

La rage tourne sur elle-même, creusant ce gouffre du désespoir où notre existence s'ensevelit depuis des siècles.

L'ordre a besoin du désordre pour régner. Qu'importe le drapeau arboré : xénophobie, misogynie, homophobie, nationalisme, religion, idéologie, vertu morale. Même les organisations dites révolutionnaires et les mouvements faisant profession de radicalisme démontrent par la violence de leurs conflits internes qu'ils n'échappent pas à cette stratégie du bouc émissaire, dont l'Etat possède toutes les clés...

Par ailleurs, hurler sa colère n'entrave en rien l'exploitation dominante. Même si la violence réussit de temps en temps à arracher des réformes, à obtenir l'abrogation d'une décision contestée, à éviter l'implantation d'une nuisance, cela ne va guère plus loin. 

Le pouvoir, un instant déstabilisé, se ressaisit, il noie le poisson et vide la baignoire."

Amies et amis , prenons conscience de la singularité de notre existence, de ce qu'elle est et de ce qu'elle devrait être dans une communauté humaine fraternelle, juste, créatrice et chaleureuse !

 

 

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