Boomerangs

"Tout ce qui est excessif est insignifiant !" : cette boutade de Talleyrand qui a pris place dans le langage commun, pourrait bien être aujourd'hui l'une des clés de notre désolante décrépitude tout en annonçant peut-être des lendemains propices à l'éclosion du bonheur...

...car nous sommes conviés à assister au lancement de cet outil diabolique, le boomerang, inventé par les aborigènes d'Australie. Il est utilisé  aujourd'hui, en toutes circonstances et dans toutes les directions. Car c'est l'affaire d'un rejet historique collectif et aussi probablement l'issue d'un corps à corps éprouvant avec le conformisme recuit et la tradition ancestrale et routinière.

Que ce soit le grand vent qui porte la salutaire désaliénation féminine ou bien le décapage du néo-colonialisme et de la racialisation, toutes les campagnes menées pour ces nécessaires et justes combats, sont ou seront victimes de leurs excès et n'aboutiront qu'au triste maintien du statu quo...à moins que le choc des civilisations ne brouille les cartes et ne remette les compteurs à zéro.

Ces compteurs, ce sont ceux du capitalisme, qui tient les rênes du pouvoir politique sur toute la planète. Ce sont les fondamentaux de notre civilisation et ils conditionnent tout le reste, notamment le patriarcat et le racisme !

Dans ce grand moment de la tragédie humaine où la mondialisation est frappée de plein fouet par une épouvantable pandémie dont aucune science médicale ne prévoit l'éradication, la chape de plomb du pouvoir monétaire qui nous asservit, est lancée avec violence par les oligarchies dominantes, qui spéculent sur une sortie de crise marquée par l'exubérance d'une explosion effrénée de la consommation assortie naturellement de la goinfrerie des profits...

...mais, quelle va être la trajectoire finale de ce boomerang du fric ?

Les "damnés de la terre" sont dans l'expectative.

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