Un cousinage préoccupant

Dans l'éditorial du numéro 44 de l'excellente revue trimestrielle "Savoir/Agir" qui vient de paraître, le sociologue Frédéric Lebaron esquisse une analyse comparative du trumpisme et du macronisme, et il nous propose un relevé de situations plutôt délétère...

...car "les débuts de mandat des deux Présidents font apparaître de fortes convergences idéologiques, que la proximité diplomatique renouvelée de leurs deux pays, en dehors du dossier iranien et dans une moindre mesure israélien, ne fait qu'illustrer chaque jour."

- en dehors de l'Afrique sub-saharienne, Trump et Macron ont les mêmes positions internationales

- sur le plan écologique, Macron "s"inscrit pleinement dans la filiation de l'inaction de ses prédécesseurs" mais poursuivant son initiative des cars polluants en substitut du rail, il a fait disparaître des lignes de chemin de fer en mutilant un grand service public voué à l'intérêt général.

- parallèlement à son soutien des dérives de l'agriculture productiviste, Macron a réprimé énergiquement les zadistes et autres altermondialistes engagés dans le grand combat écologique pour la survie de la planète.

- en matière d'immigration et d'asile, sans tomber dans la caricature trumpiste, Macron a fait du lepénisme à visage souriant (smiling cobra) avec un retour à des pratiques de répression des mouvements sociaux et de la jeunesse à l'instar des lendemains de Mai 68.

- le modèle scolaire français est en train de prendre la voie du modèle américain : extension accélérée de la marchandisation de l'enseignement secondaire et supérieur, avec ses écoles privées et entreprises de coaching afin de renforcer l'idéologie méritocratique basée sur la sélection.

- suprématie du business dont les acteurs/profiteurs sont privilégiés à tous niveaux, et en particulier sur le plan fiscal.

- le néo-libéralisme  de Macron semble s'opposer au protectionnisme de Trump car il reste contingent de la problématique européenne mais il faut bien comprendre que le président américain s'efforce surtout d'accélérer la guerre commerciale afin d'aboutir à de nouvelles formes de bilatéralisme..."Dans les deux cas, on retrouve une même logique : un discours fait de promesses d'amélioration notable et rapide du bien-être économique, fondées sur l'idée que la croissance actuelle, tirée par le progrès technologique, va bouleverser les normes de consommation futures et créer de nouveaux emplois qualifiés par millions."

Mais le moteur capitaliste du progrès, tributaire des fluctuations de la spéculation, semble enrayé de part et d'autre de l'Atlantique : "Il est inhibé, écrit Frédéric Lebaron, par un mécanisme auto-entretenu d'augmentation des inégalités, en particulier en haut de la distribution des revenus et des patrimoines..."

Trump et Macron sont pile et face

Les prêtres du gros fric.

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