Le message communeux serait-il ringard ?

N'ayant pas été invité à la fête de l'Humanité pour y signer mes livres "les 72 Immortelles" et constatant par ailleurs un minimum de réactions des abonnés suite à mon dernier billet sur l'opportunité d'indocilité qui se présentera prochainement avec les élections municipales, je me demande tout à fait sérieusement si je mène le bon combat...

Qu'une association intitulée "amies et amis de la Commune de Paris", ayant un stand institutionnel à chaque fête de l'Humanité, n'invite pas l'auteur d'un ouvrage qui renouvelle l'histoire de ces glorieux et tragiques événements, est inadmissible, même si elle est en désaccord profond avec la nouvelle lecture qui est proposée ; d'autant plus qu'elle a rendu compte (assez favorablement) de la publication des "72 Immortelles".

Il y a sans doute dans cette mise en quarantaine, des raisons qui relèvent plus de la négligence que de l'historiographie*...mais il est bien fâcheux qu'un travail heuristique apportant plusieurs révélations et jetant un regard neuf sur la Commune soit ainsi méprisé par un groupe constitué pour exalter la mémoire du temps des cerises !

Mais venons-en au sujet principal de mon intervention du 12 septembre 2019.

Compte tenu du blocage institutionnel établi et fossilisé par la Ve République, qui empêche tout contre-pouvoir d'être efficient et toutes les oppositions de proposer leurs solutions, il faut nécessairement repartir de la base de la pyramide afin d'alerter (et aussi de convaincre) une opinion publique désabusée car elle a été abusée trop longtemps.

D'où cette idée de considérer les 36 000 communes de France comme pouvant être des lieux de débats et de concertations afin que la république redevienne ce qu'elle n'aurait jamais du cesser d'être, républicaine.

Cela peut paraître naïf et suranné ! Mais c'est le fondement même du message communeux qui a réussi en mars, avril et mai 1871, à faire fonctionner au bénéfice du bien public, la démocratie participative, directe et fraternelle, avec des mandataires exclusifs et révocables...

Lorsqu'on assiste à la mise en cause de l'honnêteté du Président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, un scandale qui survient après toute une litanie de forfaitures, on comprend pourquoi les classes dominantes restent crispées sur l'ersatz républicain qui est garante de leur impunité.

Ainsi la "France légale" est elle en décalage parfait avec cette "France d'en bas" qui est vouée à l'injustice, à l'exploitation et au mépris.

Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes !

* car je ne veux pas imaginer que cette mise à l'écart soit un acte de censure politique, mon regard sur la Commune n'étant pas du tout conforme à l'interprétation mémorielle bolchevik, qui a prévalu pendant tout le XXe siècle...

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