Le blé en herbe de Raphaël Glucksmann

Ayant écouté attentivement ce jeune homme sur France Inter ce matin, j'ai regretté de ne pas pouvoir échanger avec lui alors que le tome 2 de mes "72 Immortelles" est une réponse à son essai "Les enfants du vide. De l'impasse individualiste au réveil citoyen".

Oui, la gauche de la gauche a raison de dénoncer le vide sidéral de la pensée contestataire car elle laisse le champ libre à un affrontement absurde entre néo-libéraux et populistes, ce qui ne peut déboucher que sur une violence inutile...

Oui, les jeunes générations sont des générations orphelines et sacrifiées : on les a engluées dans un ersatz de démocratie dont les opposants ne sont que des faux semblants et des bonimenteurs...voire des "intermédiaires" beaucoup plus occupés de leur carriérisme que par le débat idéologique.

Oui, après avoir été bien enfumés, nous sommes aujourd'hui dans "l'incapacité à saisir la gravité des périls"...même en ce qui concerne la survie de la planète et les mesures à prendre d'urgence pour limiter le réchauffement climatique.

Oui, le néolibéralisme c'est la résignation à un monde d'exploitation et de pure consommation, un monde soumis "qui ne fait pas de politique" car "la politique c'est quand un peuple se réunit et peut inverser le cours des choses !"...

Tout cela a été vécu, analysé, écrit ou dit, et même prophétisé en avril et mai 1871 dans les Clubs rouges de la Commune de Paris, dont je m'efforce de rapporter le message avec le tome 2 des "72 Immortelles", dont le sous-titre est "l'ébauche d'un ordre libertaire" *

Mais dans notre société dite de communication, comment la faible voix d'un modeste citoyen peut-elle se faire entendre dans le tohu bohu des médias qui rabotent toutes les aspérités et privilégient uniquement ce qui est susceptible de faire le buzz ? 

En tout cas je salue le travail pertinent de Raphaël Glucksmann, dont la profession de foi internationaliste m'a paru digne de celle des Communeux  !

N'en déplaise à Stéphane Hessel, il n'est plus temps de s'indigner, il faut se révolter.

Et pour cela, nous avons l'impérieux besoin d'un horizon de mobilisation !

* à paraître début novembre aux éditions du Croquant

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