Marie-José Nat

Elle nous a quittés à la sauvette, la grande presse ne lui consacrant que quelques rares échos et pourtant, elle a marqué le cinéma français de son sourire et de son talent avec "Elise ou la vraie vie" et "Les violons du bal" qui lui valurent en 1974 le prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes

Née Marie-José Benhalassa à Bonifacio, d'un père kabyle et d'une mère corse, elle avait entamé une carrière de cover-girl et de mannequin de haute couture puis étant devenue la star d'un roman-photo ("L'amour est un songe"), elle s'orienta vers le cinéma.

Je l'ai rencontrée en 1960 sur le plateau d'HG Clouzot qui tournait "La vérité" (dont je fus l'un des nombreux stagiaires co-scénaristes). Elle y incarnait une rivale de Brigitte Bardot auprès de Sami Frey. Mais c'est l'année suivante qu'elle commence à s'affirmer comme comédienne dans le film de Michel Drach (dont elle deviendra l'épouse) "Amélie ou le temps d'aimer".

Puis elle enchaîna les succès avec des rôles majeurs :

- en 1964, "La vie conjugale", dyptique d'André Cayatte où elle donne la réplique à Jacques Charrier

- en 1965, "Le journal d'une femme en blanc" de Claude Autant-Lara, puis "La bonne occase" de Michel Drach

Mais c'est en 1969 qu'elle réussira la performance d'incarner à la perfection le personnage de l'ouvrière Elise, dans "Elise ou la vraie vie", adapté par Michel Drach du roman de Claire Etcherelli, un livre dont Henri Guillemin disait qu'il était "le chef d'oeuvre de la littérature prolétarienne".

Il faudra néanmoins "Les violons du bal", toujours réalisé par Michel Drach, pour que Marie-José Nat obtienne la consécration suprême au festival de Cannes en 1973...

Parallèlement à cette activité cinématographique, il faut mentionner ses prestations théâtrales, notamment en 1984 "Désiré" de Sacha Guitry, mis en scène par Jean-Claude Brialy et "Voisin, voisine" avec Victor Lanoux au Palais-Royal.

Mais j'ai conservé un souvenir ébloui de son personnage d'Ethel Rosenberg dans le téléfilm de Stellio Lorenzi et Alain Decaux en 1975 sans oublier sa remarquable prestation du "Mariage de Figaro", de Marcel Bluwal.

Marie-José Nat a publié une auto-biographie intitulée "Je n'ai rien oublié" (Plon)

Nous non plus nous ne l'oublierons pas.

 

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