Les risques de l'incarnation personnelle

Il fut un temps où l'on poignardait, décapitait ou exécutait d'une balle dans la tête ceux qui incarnaient le pouvoir et qui étaient devenus ainsi la cible de toutes les colères ou le symbole de toutes les exécrations ; aujourd'hui, on se contente d'enfariner ou de gifler ...

...c'est la rançon que doit payer la démocratie représentative aux turbulences de l'exercice du pouvoir !

Mais il y a tout de même une grande différence entre l'acte régicide de Ravaillac, la machine infernale de Cadoudal, l'assassinat de Jean Jaurès et l'enfarinement de "JLM-je suis la République", celui de "François de Rugy-le homard écolo" et la baffe de Tain l'hermitage.

Sous un régime républicain médiocre, dévoyé par le syndrome monarchiste  et relevant d'une problématique électorale inique, nous assistons à une vaste conspiration des égos, la compétition personnelle pour accéder à la chefferie ayant pratiquement remplacé et totalement occulté le libre débat des idées et la réflexion collective pour la gestion du bien public.

Et ce virus anti-démocratique a touché tous les protagonistes de la vie politique, à droite comme à gauche, tant et si bien que la foire aux vanités s'est substituée à la concertation populaire.

C'est ainsi que la Ve République réalise tous les voeux de l'Assemblée nationale de 1871, qui avait décidé de s'installer...à Versailles, la ville-symbole de la monarchie absolue : une "république des ducs" ou des notables fortunés, se cooptant les uns les autres, pour une gouvernance conservatrice au service des classes possédantes.

Aujourd'hui où cette cooptation a lieu dans des réseaux plutôt que dans des partis, totalement discrédités soit par des affaires de corruption soit par la sclérose de leur bureaucratie, la prime du gagnant va aux candidats pointés par les sondages d'opinion dont la plupart sont manipulés par les oligarchies qui veillent au grain...

Toute élection devient donc un simulacre, un détournement du suffrage universel, une imposture démocratique...

Qui représente qui et quoi ? Et pourquoi devons-nous confier notre vie à des mandataires désignés par les classes dominantes et faisant carrière ?

Une démocratie participative issue d'élections à la proportionnelle serait en mesure de restaurer la République. Ainsi que la gouvernance d'un collectif d'autogestion, chargé de faire respecter ces trois valeurs fondamentales :

liberté, égalité, fraternité.

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