Serions nous condamnés à une interminable déprime ?

Cette troisième décennie du XXIe siècle ayant démarré sous les auspices conjugués d'Orwell et de Kafka, on pourrait se demander comment les malheureuses populations terrifiées par le Coronavirus trouvent encore des raisons de survivre ?

Et ce ne sont pas les annonces lugubres du pion de Matignon, qui vont nous faire entrevoir un coin de ciel bleu susceptible de nous remonter sensiblement le moral...

Car nous nous enfonçons peu à peu dans le marécage de la tristesse et du désespoir, infantilisés par un pouvoir technocratique médiocre et cafouilleux, sous l'emprise de comités d'experts qu'il a lui même désignés, dans le climat d'un sauve-qui-peut européen faisant figure de môle de résilience par rapport aux hécatombes américaines.

Alors que l'empire chinois nous montre ostensiblement sa supériorité dans la gestion collective des épidémies, nous avouons notre incapacité à juguler le fléau sinon par des mesures héritées d'un Moyen Age qui avait à lutter contre la peste et le choléra, ou par des pseudo campagnes de vaccination dont l'issue reste pour le moment incertaine...

Pourtant, il y a cent ans, nous avions fait face à "la grippe dite espagnole" qui avait été aussi meurtrière que "la grande guerre", mais le retour de la paix et la vitalité d'une jeune génération ayant échappé au massacre, nous avait permis de surmonter l'épreuve.

Aujourd'hui où l'avenir semble complètement bouché*, où nous sommes prisonniers de l'impasse politique du libéralisme capitaliste et des règles iniques de la Ve République, quelles sont nos raisons de lutter pour que perdure l'injustice sociale et l'ignominie ?

Une déprime peut certes en cacher une autre ; mais cela ne justifie pas la résignation !

"Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent."

* il y aura vraisemblablement 5 candidats de "gauche" à la prochaine élection présidentielle : un parfait suicide.

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