Le message communeux est salutaire !

En conclusion de mon précédent billet, je veux simplement rappeler que l'union de tous les exploités, de tous les humiliés, de tous les exclus... est indispensable pour qu'arrive enfin le changement, et que cela implique l'abandon de tout sectarisme, de toute intolérance, de tout égocentrisme des organismes, groupes ou partis se réclamant d'une sensibilité de gauche...

...car c'est ainsi qu'à l'issue du règne interminable de Napoléon III, le petit peuple de Paris qui avait instinctivement proclamé la République à l'Hôtel-de-Ville le 4 septembre 1870 après la débâcle de Sedan, fut désappointé de voir qu'elle avait (une fois encore) été confisquée par la bourgeoisie et qu'il lui fallait absolument réaliser l'union des prolétaires et des classes moyennes pour que la république à refonder soit une véritable république.

De cette prise de conscience majeure, attisée par l'obsidionalité du siège de la capitale par l'armée prussienne, est née ce qu'une affiche rouge proclamait sur tous les murs de Paris début janvier 1871 : "Place au peuple ! Place à la Commune !"

Dans "les 72 Immortelles", je rapporte ce qu'a été, jour après jour, cette magnifique saga d'un gouvernement du peuple par le peuple, qui a imaginé le fonctionnement d'une véritable démocratie et dont les voeux ont été repris ensuite peu à peu, par les républiques bourgeoises qui ont fait l'histoire depuis cent-cinquante ans...

Mais les classes dominantes avaient bien compris que cette Commune, ce "troupeau de scélérats", constituait un danger suprême qui menaçait leurs intérêts et leurs privilèges : c'est pourquoi elles avaient donné à l'ignoble Thiers l'ordre de rassembler une armée de 130 000 hommes munie d'une puissante artillerie pour aller exterminer la canaille des "partageux". 20 à 30 000 morts.

N'est-ce pas la preuve de la dangerosité du message communeux ?

N'est-ce pas une raison de s'interroger sur la nature réelle de ce message ?

Aujourd'hui où "la France d'en haut", managée par un jeune Président ambitieux et sans scrupules, a décidé d'abroger toutes les lois sociales acquises depuis plus d'un siècle grâce à l'action des travailleurs, notre pays présente le désolant paysage des décombres d'une démocratie que survolent les bombardiers de la finance mondiale.

Non, les Communeux ne sont pas morts pour rien...

Ecoutons les !

Nb/ Ce billet rend hommage à l'acte 44 des Gilets Jaunes

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