One-man-show intempestif

"Je jouis d'une prestance physique qui porte sur les nerfs à la plupart des gens - mais qui me rend bien des services d'autre part. Ma démarche, mes gestes et, plus encore ma voix contribuent à me faire aimer par les uns et à me faire détester par les autres. Car je suis détesté par beaucoup de personnes - et je m'en rends bien compte." (Sacha Guitry)

A l'instar du "diable boiteux", Emmanuel Macron qui a probablement loupé sa vocation de comédien, a tenu la scène et le crachoir pendant de longues heures hier dans le grand gymnase d'un bourg du département de l'Eure.

Jactant face à un auditoire de maires ruraux, interloqués mais aussi honorés de se retrouver là en présence du Président de la République, il a pu jouer la grande partition du héros cornélien, preux chevalier sans peur et sans reproches.

Un parangon de bonne foi et de pureté politiques, un aimable samaritain à l'écoute de toutes les souffrances, bref l'homme providentiel désigné par le peuple pour sauver la Ve République de sa déliquescence !

Mais un bateleur - aussi habile soit-il - peut en cacher un autre, plus sournois et mystificateur, et il n'est pas du tout certain que l'enfumage de ce "grand débat" suffise à calmer la grande colère qui s'est emparée de la nation.

Relisons ce qu'écrivait Christophe Guilluy dans "La France périphérique" :

"Sans une implosion du système politique traditionnel et la création ou le renforcement d'institutions  (comme les départements) susceptibles de représenter la France populaire, le morcellement et l'éclatement de la société française paraissent inéluctables.

Sans l'émergence de cette nouvelle géopolitique, c'est-à-dire de nouveaux rapports de force, le risque est réel de voir les radicalités sociales et politiques se multiplier et le conflit se muter vers une forme de "guerre à basse tension"."

Il se pourrait que les jours de la république bourgeoise "une et indivisible" soient désormais comptés.

En marche... vers une contre-société ?

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