Ségolène...

Ayant été en 2007 (avec bien d'autres...) un soutien acharné de la candidature de Ségolène Royal à la présidence de la République, je ne peux que déplorer, aujourd'hui, ce lamentable piège politicien dans lequel elle s'est laissé embourber et qui mettra sans doute un terme à son désir d'avenir.

En 2007, au sortir d'une "primaire socialiste" où elle avait battu DSK et Fabius, cette jeune femme tout de blanc vêtue avait porté les espoirs de millions de Françaises et de Français pour "changer la vie", en incarnant la nouvelle Marianne de la République, celle de la fraternité !

Malgré une campagne électorale menée tambour battant, elle ne put réunir sur son nom que 47% des suffrages : ce fut donc, avec l'élection d'un président-voyou, une formidable occasion politique perdue et une espérance sociale gâchée...

Alors que le couple qu'elle formait avec François Hollande volait en éclats, Ségolène Royal persista dans son ambition politicienne de faire carrière et loupa successivement le secrétariat national du PS et l'élection législative de La Rochelle ; mais l'ancien conjoint qui avait su profiter du scandale ayant éliminé DSK pour accéder à l'Elysée, ne pouvait que repêcher la mère de ses quatre enfants en lui confiant le ministère dit de l'écologie, qui est en fait une "mission impossible" voire un "tonneau des Danaïdes" de l'environnement au sein d'une économie capitaliste...

C'était, de la part de François Hollande, une belle pension alimentaire sous la forme d'un cadeau empoisonné.

Mais la tripe politicienne et l'ambition carriériste se moquent des convictions : Ségolène a voulu jouer gagnante-gagnante avec l'intrusion du muscadin qui avait succédé à son ex à l'Elysée. Victime de son hubris, elle n'a su trouver la bonne stratégie...

Adieu à l'icône déchue de 2007 qui avait réussi à insuffler dans l'air du temps, sans doute à son insu (?), une bouffée du printemps de 1981 !

La femme providentielle est aussi un leurre.

Désir de démocratie assainie, désir d'une vie politique débarrassée de ses "professionnels".

Désir d'une autogestion populaire.

 

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