Provocation tauromachique

Etant tout à fait d'accord avec l'analyse pertinente d'Antoine Perraud concernant les perquisitions chez Mélenchon et à la France Insoumise ("Le leader insoumis pris aux mots"), j'en déduis que cette opération est un coup préparé et monté par la cellule riposte de l'Elysée afin d'éliminer le seul môle de résistance un peu consistant à sa politique.

Et, connaissant l'extrême susceptibilité de Jean-Luc Mélenchon qui se traduit le plus souvent par une irascibilité naturelle et spontanée, pourquoi ne pas organiser à son insu une véritable corrida politique ?

Ainsi l'indésirable sera-t-il l'objet d'une provocation tauromachique dans l'arène des institutions au nom du respect des règles de "l'état de droit" ...c'est à dire qu'il subira une perquisition musclée menée comme dans les films de gangsters, avec toutes les conséquences qu'elle peut générer, pour le plus grand profit public du pouvoir macronien.

Car si Macron a pu faire preuve de sang-froid au cours du débat qui l'a opposé à Marine Le Pen, il n'est pas évident que Jean-Luc Mélenchon puisse conserver son calme dans le tohu bohu d'une perquisition !...Les Français apprécieront.

Il s'agit donc bien d'une action politique, destinée à disqualifier le leader d'un groupe parlementaire d'opposition et, plus largement, d'entacher la légitimité populaire d'un mouvement regroupant les victimes de la camarilla bourgeoise qui est au pouvoir. Le tout étant naturellement administré dans des formes légales et dans la "respectabilité" officielle de "l'état de droit", dont on veut nous persuader qu'il est le parangon de toutes les vertus républicaines, alors qu'il n'est en réalité que le paravent de la domination de classe !

Il prouve, si besoin en était, que le pouvoir exécutif a la haute main sur le judiciaire et qu'il peut l'utiliser comme un moyen de riposte indirect dans cet affrontement des Com, qui remplace désormais tout débat politique voire idéologique, en fournissant aux médias une pâture dont ils raffolent : visages grimaçants et hurlements, crainte et tremblement...

La haine de caste des nantis d'aujourd'hui fait irrésistiblement penser à la furie versaillaise de 1871 se déchaînant contre les Communeux.

Iront-ils jusqu'à la mise à mort du taureau ?

 

 

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