Que se libère aussi la parole sociale !

Chaque jour amène inéluctablement son lot d'incestes, de viols et de pédophilie, les victimes de ces crimes honteux brisant l'omerta de la souffrance et de la honte : la liberté d'expression est l'indispensable soupape du bon équilibre de la vie en société. Mais on souhaiterait également que le mal de vivre social puisse faire la une de l'actualité...

...tant les tensions qui zèbrent l'activité économique depuis l'irruption de la pandémie se sont avivées, et tant les ignominies et l'injustice se sont exacerbées au sein d'une nation fragmentée que traumatise l'égoïsme des classes possédantes ainsi que l'appareil gouvernemental qu'elles ont choisi afin de maintenir leurs privilèges et de veiller à leurs intérêts.

Car le fameux "quoi qu'il en coûte", claironné par le muscadin de l'Elysée, est une imposture : le grand capital qui cornaque les finances publiques permet à l'Etat bourgeois d'emprunter sur les marchés car il sait bien que cette ardoise sera finalement soldée par des tours de passe passe comptables au détriment des classes laborieuses : Bruno Lemaire n'a-t-il pas déjà annoncé que le projet inique de la réforme des retraites serait repris avant la fin du quinquennat ?

Par ailleurs, les tergiversations invraisemblables de la gestion sanitaire ayant déterminé un profond délabrement de la vie économique, avec en particulier un endettement massif des grandes entreprises du secteur de la production, le chômage et la précarité vont probablement s'envoler dans les mois qui viennent, jetant sur le pavé des centaines de milliers de malheureux qui ne devront leur survie qu'à la solidarité populaire...

Quant aux étudiants livrés à eux mêmes dans un désarroi terrifiant, ils n'ont plus en perspective que le mur de la résignation !

La santé mentale d'une société qui se veut démocratique exige la transparence et exclut le non dit. La communication médiatique ainsi que les réseaux sociaux en sont les vecteurs : ils doivent assumer cette lourde responsabilité morale et civique.

Toute la parole doit être libérée.

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