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«En direct du Théâtre de la Ville», jeudi soir : Solidarité avec les réfugiés !

Mediapart vous invite jeudi 26 mai au Théâtre de la Ville, Place du Châtelet à Paris, pour une soirée consacrée à «l'Europe face à la tragédie des réfugiés».

LE PROGRAMME DE LA SOIRÉE
Le Club de Mediapart jeu. 26 mai 2016 26/5/2016 Dernière édition

14/18 : la fureur et le fracas

La folie meurtrière des hommes peut-elle faire l'objet d'un spectacle, même brillant ? C'est la question qu'on pourrait légitimement se poser après la diffusion des deux premiers volets du téléfilm documentaire de Daniel Costelle sur la "Grande guerre".

La folie meurtrière des hommes peut-elle faire l'objet d'un spectacle, même brillant ? C'est la question qu'on pourrait légitimement se poser après la diffusion des deux premiers volets du téléfilm documentaire de Daniel Costelle sur la "Grande guerre".

5 880 000 téléspectateurs ont suivi ce programme, soit 22,5% de l'audience nationale.

La presse bienpensante (du Figaro au Nouvel-Observateur) applaudit à tout rompre alors que Télérama juge que cette entreprise est un "tonitruant gâchis".

Je pencherai plutôt du côté de Télérama (Isabelle Poitte) dans la mesure où j'estime que l'histoire à la télévision ne doit pas seulement "se donner en spectacle" mais a l'impérieux devoir de transmettre à un large public toutes les clés pour faire mieux comprendre les événements du passé et en appréhender la profonde signification. L'esprit critique est indispensable à l'analyse historique.

Ainsi les émissions que nous avons vues hier soir se contentent d'un descriptif de l'engrenage qui mène à l'affrontement des nations mais ne consacrent pas une seconde aux causes profondes et réelles de la guerre ! Autrement dit, c'est le regard superficiel et mondain de "Points de vues, images du monde".

Rien non plus, ou presque rien, sur les mouvements sociaux et politiques qui agitent les classes ouvrières allemandes et françaises, rien sur les efforts désespérés de l'Internationale, rien sur les mouvements de capitaux et la spéculation, rien sur la force des oligarchies et la constitution du bloc militaro-industriel de la Rhur, etc...

Dans ces conditions, comment le téléspectateur non averti peut-il comprendre quoi que ce soit à l'effroyable tragédie ?

Je sais bien que Costelle ne se remettra jamais de n'être pas né Spielberg ou Coppola*. Il met en scène les images des autres, avec un grand savoir-faire et un certain talent, pour réaliser des blockbusters à base d'archives colorisées.

On peut regretter que ce travail gigantesque et cette belle technicité n'aient pas été mis au sevice de l'Histoire.

* il lui a tout de même emprunté le titre de l'un de ses films "Apocalypse now"

NB/ à recommander : la rétrospective "mémoire de la Grande guerre au cinéma" à la Cinémathèque française.

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Tous les commentaires
  • 30/03/2014 03:27
  • Par JA.M

Merci à Vingtras -Vallès ! Et tout va bien, j'ai lu dans les commentaires qu'on évoquait Henri Guillemin qui me parait demeurer le plus pertinent sur l'analyse des causes de cette boucherie consentie, comme il le fut au sujet de la fin de l'empire troisième et de la Commune. Il s'agit à chaque fois, depuis la dite révolution de 89, d'ajourner sans cesse l'avènement des principes républicains constamment bafoués par ceux qui s'en réclament pour mieux organiser et pérenniser leurs privilèges, leurs visions des hiérarchisations humaines et sociales. Un gouffre, une béance organisée par des usurpateurs où peine à advenir les principes mêmes d'une République égalitaire et fraternelle, pourtant convoquée.