L'insolence salutaire

A l'instar du "devoir de mémoire" il devrait y avoir un "devoir d'insolence" car notre société continue à s'enliser dans une bien-pensance mortifère qui va à l'encontre de toutes les raisons. Aussi est-il désormais nécessaire voire indispensable de dégoupiller le langage afin que la liberté enfin puisse s'éveiller au souffle de la vie...

...la vie, ou plutôt la survie, qui est oblitérée par la domination de l'hérésie capitaliste provoquant l'hégémonie de classe avec le maintien sous cloche hermétique de la masse humaine laborieuse, résignée et formatée par les médias.

Où sont donc passés les Jules Vallès, Henri Rochefort, Victor Hugo, Octave Mirbeau, Eugène Sue, Henri Barbusse, Alphonse Allais, Alfred Jarry, Jehan Rictus...ainsi que les dadaïstes et les surréalistes ?

Aujourd'hui où l'opinion publique en est réduite à ramper dans une pénéplaine d'idées reçues et de platitudes recuites, l'objectivité journalistique qui revendique sa neutralité, n'est qu'un fade sirop de guimauve, un magma inodore et incolore à la disposition de tout un chacun...

Et lorsqu'un condottiere de l'insolence bienvenue se manifeste, il est maintenu sous le boisseau, il reste masqué de façon à ne pouvoir risquer de contaminer les moutons de Panurge, qui vont étancher leur soif d'informations à l'abreuvoir de l'intelligentsia dominante, cette "élite" adoubée par la bourgeoisie universitaire, fruit d'une démocratie libérale...et avancée.

C'est ainsi que Mediapart, journal libre et indépendant, superbe anomalie de la presse française, écarte systématiquement la plupart des blogs qui ne ronronnent pas dans la bien-pensance journalistique.

La dernière victime de cette "épuration" est notre ami Max Angel, dont tous les textes versent du vitriol sur les ignominies que nous subissons. Il est non seulement un imprécateur indispensable dans cette désolante et noire période où les girouettes tournent sur elles mêmes et où les boussoles sont affolées, mais aussi un passeur d'humanité.

Il faut dégoupiller le langage afin de pouvoir rire en Mai.

Avec le merle moqueur.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.