Se fédérer !

C'était, c'est, et ce sera sans doute le maître-verbe, l'impératif politique de toutes celles et de tous ceux qui refusent d'être entraînés dans la spirale du malheur économique et de l'anéantissement climatique par cet odieuse pieuvre capitaliste qui est en train de ronger la planète...

...c'est ce qu'avaient bien compris les Parisiens au cours de cet été tragique de 1870 où le second Empire s'écroulait, en se regroupant, toutes origines sociales confondues, dans les bataillons de la Garde nationale. Une "armée du peuple", née aux lendemains de la prise de la Bastille, où l'on élisait les chefs, et dont les objectifs étaient fixés en commun à l'issue de débats souvent agités. L'union sous le képi, mais l'union.

Puis, dès le siège de Paris par les Prussiens, cette structure para-militaire donna naissance au "Comité des vingt arrondissements" qui fut en quelque sorte une préfiguration de la Commune

Elle était en réalité l'embryon d'une démocratie participative, horizontale, dont la base populaire constituée par les "Clubs rouges", s'inspira de l'idée maîtresse de Proudhon : le fédéralisme.

Ainsi les arrondissements riches ou bien pourvus venaient-ils venus en aide aux arrondissements pauvres et déshérités : une solidarité naissait, induisant une convivialité d'immeuble puis de quartier, quand finalement était apparue cette fraternité sans frontières que Jules Vallès a si bien exaltée !

Et cet altruisme communaliste impliquera la recherche d'un consensus populaire, qui finira par se métamorphoser en auto-gestion collective du bien public...

"Cherchez, combinez, inventez, a écrit Arthur Arnould, vous ne trouverez jamais une loi qui satisfasse tout le monde. Et comme elle ne satisfera pas quelques uns, il faudra la force, la contrainte, c'est à dire le despotisme, - ce que nous avons depuis deux mille ans.

Au nom de l'unité, vous romprez l'union et, en broyant toutes les initiatives, vous rendrez plus douloureux et plus profonds tous les antagonismes. Vous sèmerez l'injustice et la violence - vous récolterez la tempête de la guerre civile.

Faisons la part exacte entre les intérêts universels et les autonomies légitimes. Il n'y a pas d'autre solution."

Il me semble évident que cette réflexion de l'idéologue de la Commune pourrait être mise à profit en ce moment où toute une partie de la population se voit contrainte à la vaccination sans avoir été interrogée sur le bien-fondé de cette opération.

Il me semble évident aussi que l'impératif fédéral devrait être la préoccupation majeure de toutes celles et de tous ceux qui refusent que notre pays soit entraîné dans la spirale de la faillite politique et morale.

Fédérons-nous !

Jean A.Chérasse

Nb/ le progrès technologique devrait nous permettre cette connexion sociale et rendre possible l'union politique indispensable si on veut éviter le désastre !

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