Hommage fraternel à un passeur de mémoire

Ce qui vient de se passer à Conflans Sainte-Honorine est probablement l'événement le plus important et le plus grave de notre histoire présente : la France est devenue la cible d'une secte nihiliste et barbare, qui déchaîne une guérilla contre notre culture et la civilisation...

...car il ne s'agit plus seulement de répondre à la provocation d'une équipe facétieuse de caricaturistes, mais de l'assassinat d'un enseignant, c'est à dire de quelqu'un qui a la noble et sublime charge de faire connaître le passé aux nouvelles générations et de nourrir leurs âmes de ce socle mémoriel qui est le fondement de notre société.

Ayant été moi-même au début de ma vie professionnelle prof d'histoire-géo, je suis particulièrement et profondément affecté par cet acte monstrueux et terrifiant qui met définitivement au ban de l'humanité, tous ceux qui ont suscité, organisé ou commis cette horreur !

N'en déplaisent à tous les bien-pensants de circonstance, qui rabâchent des slogans convenus qui leur donne bonne conscience, les "honnêtes gens" devraient se sentir menacés par une telle démonstration de folie sanguinaire qui prouve qu'au XXIe siècle, malgré toutes les épreuves, les massacres et les génocides que nous avons connus, le pire est toujours sûr, telle la manifestation létale d'un destin irréductible.

Car le fanatisme est sans doute le moteur d'une auto-destruction de l'humanité en lui inspirant d'abord un faisceau de croyances et de religions, puis en versant dans les esprits les gouttes du poison de l'intolérance et du nihilisme : de redoutables virus, propagées par des sectes.

Je ne sais pas ce qui faut faire pour combattre aujourd'hui ce fléau qui, par ailleurs, jette injustement l'opprobre sur toute une partie de la population de confession musulmane, mais il me semble que la gouvernance technocratique bourgeoise est incapable de régler ce problème tant que le pouvoir n'aura pas retrouvé le sens de l'unité nationale et tant qu'il n'aura pas revu et changé sa vision géopolitique, notamment en allant guerroyer en Afrique.

Et tout cas, les larmes de la tristesse et de la colère  me viennent aux yeux quand je pense à Samuel dont le patronyme "Paty"est le pseudo avec lequel mon arrière-grande tante communeuse ,Victoire Tinayre,  a signé son livre intitulé "Un rêve de femme".

Adieu, Monsieur le Professeur,

passeur de mémoire.

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