Ce pays dont le prince est un enfant

Dans le sillage de la célèbre pièce d'Henry de Montherlant ainsi que dans celle de Colin Higgins "Harold et Maude", les observateurs férus de psycho-sociologie pourraient analyser le comportement du Président Emmanuel Macron tout au long de ce quinquennat qui fait de plus en plus penser aux sombres tribulations shakespeariennes du prince du Danemark...

...à moins qu'elles ne rappellent le parcours chaotique de J Edgar Hoover, qui resta sous l'emprise maternelle lors de sa demi-séculaire gouvernance du FBI ; il avait inventé et mis en place aux USA toutes les composantes de ce qui devait ultérieurement conduire à l'irruption du trumpisme, ce populisme grotesque en tous points exécrable.

Sans vouloir interpréter l'actualité en tutoyant le présent de manière un peu trop subjective, je suis bien obligé de constater que la pseudo-démocratie bourgeoise dont nous sommes les sujets alors qu'officiellement nous sommes citoyennes et citoyens d'une République, est aux abois et ne sait plus à quel gouvernail se vouer puisque les classes dominantes ont cru bon devoir confier le maintien de leurs privilèges et de leurs intérêts à un personnage à peine sorti de l'adolescence, immature politiquement et déconnecté/indifférent de ou à la réalité sociale.

Car il s'agit bien de cela si l'on décode le parcours du jeune muscadin autocrate qui est à l'Elysée, dont la gouvernance apparemment incohérente est en fait la résultante de ce que Saint-Just appelait "l'ordre des choses" : un cafouillage permanent d'initiatives improvisées et de décisions prises à la hâte, sous l'emprise du Diktat d'Hippocrate mais aussi des banquiers.

Hormis toutes les turbulences, le cap du libéralisme économique et financier est bien tenu et l'asservissement des classes laborieuses impitoyablement bien maintenu, dans un pays désormais résigné et soumis.

Il y a néanmoins un dérapage dans cette action infantile qui risque de provoquer à court et à moyen terme, des ferments révolutionnaires au sein de la jeunesse sacrifiée des années 2020 : le réveil d'une Commune étudiante.

Car souvenons-nous : il est interdit d'interdire !

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