Les quiproquos politiques

Alors que le club Mediapart n'a pas jugé bon de faire écho à la commémoration du 146e anniversaire de la révolution communaliste, et que par ailleurs Benoit Hamon renouvelait à Bercy le discours du Bourget de François Hollande en 2012, consacrant ainsi l'absurde formule de Manuel Valls des "deux gauches irréconciliables"...François Bayrou distillait une leçon de "bon sens bourgeois.

Il appelait à voter pour Emmanuel Macron, le play-boy des beaux quartiers, poli et lisse comme un galet, dont le regard bleu blanc pur a pour objet de substituer conviction à séduction...

Pointé par Hamon comme le candidat du fric, Macron qui était l'invité de France 2, éluda en disant que son ancien collègue de gouvernement se trompait de combat et qu'il n'avait pas à rougir d'avoir gagné beaucoup d'argent.

En dehors de ces échanges picrocholins et parfaitement inutiles, nous voilà donc réduits à observer les foules qui manifestent tantôt pour Mélenchon et tantôt pour Hamon, des foules absolument semblables, ayant les mêmes sentiments et les mêmes espoirs.

Mais des foules qui risquent d'être totalement exclues du suffrage universel puisque il est vraisemblable que ni Mélenchon ni Hamon ne seront qualifiés pour le deuxième tour, celui qui compte, car son vainqueur devient le monarque quinquennal de la république.

Nous sommes les victimes de ce quiproquo désolant par les effets d'un système qui a confisqué la démocratie au profit des classes possédantes, avec la complicité d'une social-démocratie dévoyée par l'appétit du pouvoir et les prébendes qu'il peut mettre à disposition dans cette France des notables façonnée par la république bourgeoise et conservatrice héritière de l'hypocrisie versaillaise.

Ainsi le régime des partis, qui fut pourtant dénoncé en son temps par le général de Gaulle, est responsable du grand fiasco démocratique de notre pays qui ne s'en relèvera qu'en changeant de Constitution et de système représentatif.

C'est pourquoi je m'étais permis d'associer dans mon billet sur "le bivouac des révolutions" la revendication de 6e république de la France insoumise à la commémoration d'un événement majeur de l'histoire de France : l'élection de mandataires (révocables) chargés de mettre en place une République sociale et fraternelle.

Il n'y a qu'une seule gauche : celle qui regroupe les travailleurs exploités, les exclus, les pauvres, les humiliés..."la grande fédération des douleurs".

Ce n'est donc que partie remise, car le vent s'est levé !

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