La canaille

Alors qu'un quarteron de milliardaires qui bombent le torse fait les gros titres de l'actualité afin de donner l'exemple de la charité patrimoniale bien-pensante de la bourgeoisie, le menu fretin prolétaire des ronds points poursuit sa quête du mieux-vivre...

...mais le molosse de garde du pouvoir macronien qui les a désormais baptisés "les casseurs"  peut ainsi naviguer en toute bonne conscience dans une société partagée entre bons et méchants, entre "honnêtes gens" et voyous, entre ceux qui mangent et ceux qui ont faim, entre ceux qui possèdent et ceux qui n'ont que leurs yeux pour pleurer...

...et, pour maintenir un ordre dit "républicain" contre ces hordes de sauvages, il a prévu le ban et l'arrière-ban des prétoriens chargés de la protection des classes dominantes, les policiers, les CRS et les gendarmes mobiles. Avec matraques, grenades et fusils, sans oublier les canons à eau.

Alors comment peut-on envisager de considérer ainsi la population d'un pays qui est l'héritière de toute une histoire de luttes sociales et de conquêtes démocratiques ?

Nous ne sommes plus en 1789, en 1793, en 1830, en 1848, en 1871, en 1936, en 1945, ni même en 1968 : les exploités, les exclus et les humiliés de la Ve République ont voix au chapitre et ils entendent bien exister !

Or ce n'est pas avec un enfumage de jactance ou bien avec une poignée de cacahuètes que l'on peut décemment répondre à cette sourde colère qui pourrait bien se transformer peu à peu en révolution...

La canaille, immortalisée par Rosa Bordas*, n'aspire pas à "casser"' mais à survivre.

Le sinistre Thiers ne saurait en cacher un autre !

* cf "les 72 Immortelles"

 

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