Que reste-t-il ?

Dans un brûlot philosophique intitulé "L'Europe fantôme", Regis Debray pose cette question, qui est sans doute la question principale de la condition terrienne au XXIe siècle : "Une fois perdus le bon Dieu et les lendemains qui chantent, que reste-t-il ?" "fraternité sans rivages", avait chanté Gavroche...

Je n'aurais pas évidemment l'outrecuidance de répondre à cette grave question mais, considérant cet espace de blog comme un libre forum, je souhaite recueillir tous les avis et toutes les propositions...

Pour ma part, je reste marqué par l'esprit communeux et suis naturellement porté vers l'exploration de ce portail anarchiste qui a été si bien esquissé par le génial Bakounine dans son bréviaire libertaire "Dieu et l'Etat".

Mais si les fondamentaux de la problématique de l'anarchie positive restent les mêmes, il me semble nécessaire d'analyser sans complaisance et sans répulsion, les erreurs monumentales du XXe siècle avant d'aller retrouver le cours paisible du "ruisseau" cher à Elisée Reclus.

La résurgence des nationalismes n'est à mon sens qu'un danger provisoire, car la longue durée historique montre qu'il s'agit de feux de paille survenant à la suite de sécheresses récurrentes ; ils sont sous observation géopolitique et peuvent être maîtrisés.

Par contre, l'image d'un destin commun qui a été fortement brouillée (floutée) par le veau d'or du capitalisme, n'est plus l' étoile du berger même si elle est cousue en fil rouge sur le béret de Che Guevara : toutes les religions sont en déclin, Dieu et Mao sont aux abonnés absents.

Dans ce vaste non man's land de l'incertitude humaine, la plupart se replient sur la famille, sur le groupe, sur la communauté...autrement dit, c'est reporter la ligne d'horizon un peu plus loin, vers le matérialisme et vers l'ego.

Mais les nouvelles générations ont délibérément choisi une autre voie : celle du respect de la nature et de l'être humain.

Car le grand combat qui nous attend est d'abord celui de la survie de l'espèce, puis celui de l'internationalisme sans rivages pour la fraternité universelle.

Soit un retour au XVIIIe siècle, et aux "Lumières", mais pas celles de Voltaire, celles de Rousseau.

Gavroche pourra tomber dans le ruisseau.

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