Table rase

Asphyxié dans les faux semblants de la dictocratie macronienne qui mène à un train d'enfer le char de la république bourgeoise dans les jeux du stade d'une mondialisation ultra libérale, oppressive et dangereuse pour la survie même de la planète, je souhaiterais qu'on prenne un peu de temps pour réfléchir...

...car si j'ai ouvert ce grand chantier heuristique de la Commune de Paris, c'était non seulement pour rendre un vibrant hommage à nos valeureux ancêtres en accomplissant un acte de juste mémoire, mais aussi en recherchant tous les éléments issus des sursauts et prises de conscience révolutionnaires qui ont été brisés, éparpillés ou jetés à la fosse commune au cours de la sinistre semaine sanglante.

Car toutes ces idées sont les semences d'un grand rêve fracassé, les cailloux d'un petit Gavroche réconciliant Voltaire et Rousseau : le cartable de la gauche à reconstruire de A à Z. Son risorgimento obligatoire si nous ne voulons pas finir esclaves ou noyés.

Dans mon billet précédent nimbé de nostalgie modianesque, je proposais de repartir de la philosophie des Lumières et de réfléchir au concept de progrés, cette arme de dissuasion massive qui a permis de combattre l'hégémonie intellectuelle de l'Eglise catholique et, partant, qui a pu faire reculer l'obscurantisme. Par ailleurs, avec un adjuvant populaire qui incite à avancer, elle a partiellement désenclavé le Tiers-Etat et l'a propulsé vers le pouvoir politique...

Mais il faut bien reconnaître que le progrès, lancé par cet exceptionnel accélérateur de particules qu'est le désir de liberté, a fonctionné comme un boomerang.

Et, après avoir investi la société, le progrès s'est emparé de l'économie à une charnière de son histoire, c'est à dire aux débuts de l'ère industrielle :  ainsi la liberté d'entreprendre s'est peu à peu métamorphosé en liberté d'exploiter, puis en loi de la jungle.

Le progrès a donc conforté le capitalisme naissant, qui est devenu aujourd'hui le néo-libéralisme.

En observant ce phénomène et en analysant la plupart des réponses imaginées par les exploités afin de lutter contre cette impitoyable domination, le philosophe  Jean-Claude Michéa a pu diagnostiquer et radiographier l'impuissance de la gauche, et en particulier son inaptitude à promouvoir le socialisme.

Il a pointé ce que j'ai pu moi-même découvrir et examiner pour l'exposer dans le tome 2 des "72 Immortelles"...

Effectivement, Eugène Pottier a raison : "du passé, il faut faire table rase !"

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