Les brûlures de l'histoire musulmane

Dans son dernier numéro, l'hebdo "Marianne" propose un article du journaliste franco-algérien Mohamed Sifaoui, que les anciens abonnés de "Jeune Afrique" connaissent bien. Ce papier a le grand mérite de jeter un éclairage sur les "Omeyyades", cette dynastie fondée par Mouâouiya au VIIe siècle,

Dans son dernier numéro, l'hebdo "Marianne" propose un article du journaliste franco-algérien Mohamed Sifaoui, que les anciens abonnés de "Jeune Afrique" connaissent bien. Ce papier a le grand mérite de jeter un éclairage sur les "Omeyyades", cette dynastie fondée par Mouâouiya au VIIe siècle, qui va connaître un état permanent de querelles tribales s'achevant en guerre civile.

"Les Omeyyades, écrit Sifaoui, jetteront les jalons de la pensée régissant un islam politique. Depuis cette période, la force a été érigée comme mode quasi exclusif d'accès au pouvoir. Pour le comprendre, il faut saisir les contours de cette histoire musulmane si complexe. Comprendre par exemple  que lors d'une bataille opposant Ali* à Mouâouiya, ce dernier demandera à ses soldats d'accrocher des exemplaires du Coran au bout de leurs lances alors qu'il allait perdre. Ce stratagème poussera Ali à arrêter l'affrontement par respect pour le texte sacré. Ce détail, en apparence anecdotique, revêt incontestablement une indication profonde quant à l'instrumentalisation de la religion et de ses symboles à des fins politico-militaires."

En 680, le célèbre massacre de Karbala, qui décimera la famille d'Ali, marquera le schisme entre sunnites, partisans des Omeyyades, et chiites, supporters d'Ali et de sa descendance.

Et puis au VIIIe siècle, ce sont les Abbassides qui massacrent les Omeyyades et s'installent à Bagdad ; ils règneront pendant cinq siècles.

"Le rigorisme qui allait plus tard inspirer le mouvement islamiste allait naître à cette période...où fut sacralisée la notion selon laquelle l'islam est constitué d'un ensemble de textes normatifs, qui doivent impérativement régenter la vie de tous les croyants."

Mais c'est au XVIIIe siècle qu'un prédicateur illuminé et excessif, Ibn Abd al Wahhab, fournit à un chef de guerre en mal de pillages et de rapines (l'émir Mohammed al-Saoud) le pretexte religieux pour conquérir toute la péninsule arabique. Il est le digne héritier de l'obscurantisme islamiste.

Ainsi est née l'Arabie saoudite qui va accoucher du djihadisme avant de devoir le dénoncer après les attentats du World Trade Center, mais de continuer à le soutenir financièrement aujourd'hui, dans son adaptation salafisto-syrienne.

Le tout s'accompagnant d'un rejet absolu de " l'invasion culturelle" du monde occidental. Et aussi et surtout, de la crainte de voir échapper (ou tarir ) la manne pétrolière. 

Alors, pourquoi sommes-nous encore les partenaires commerciaux sinon les alliés de ces autocrates ?

* cousin, disciple et gendre de Mahomet

 

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