Précarité, inégalité, férocité

C'est ainsi que la "triade républicaine" , cette sublime devise inventée par les sans-culottes en 1793 après avoir décapité Louis XVI, devrait désormais figurer au fronton de tous les édifices publics depuis le glissement progressif de notre régime politique vers une autocratie préfigurant la démocrature !

Et ce n'est pas le démographe-historien Emmanuel Todd qui pourra me contredire puisqu'il vient de publier un remarquable pamphlet qui démontre que notre "identité nationale est la lutte des classes"...

Une lutte des classes qui commence avec l'après Bouvines et qui traverse les siècles en étant le principal moteur de l'histoire...

Mais revenons à l'époque contemporaine : après le désolant quinquennat raté du social-démocrate François Hollande, nous nous trouvons effarés dans un marécage politique qui risque de virer au cauchemar si la bourgeoisie dominante ne comprend pas qu'il lui faut impérativement lâcher du lest en respectant d'abord les acquits sociaux obtenus par le sang des travailleurs, et en renonçant autant que faire se peut aux marges bénéficiaires qui sont les siennes dans ce développement débridé du néolibéralisme.

Nier toute concertation réelle avec les formations syndicales dignes de ce nom, est une attitude absurde et infantile ; elle peut être suicidaire !

A la fin du printemps de 1871, la bourgeoisie versaillaise, soutenue par une assemblée dite "nationale" faite de hobereaux cléricaux, de culottes de peaux et de réactionnaires atrabilaires, n'avait pas hésité à donner au "Thiers-Etat" un feu vert pour aller massacrer la "canaille" parisienne. Ce fut "la Semaine sanglante", qui restera longtemps et sans doute à jamais comme une tâche indélébile de l'histoire de France.

Aujourd'hui où la gouvernance macronarde vire à l'état policier qui répond systématiquement pas ses gaz lacrymogènes et ses flash-balls à toutes les revendications citoyennes, une immense colère populaire est en passe de grossir pour devenir une éruption sociale.

Allons-nous donc vers un remake de la "Semaine sanglante" ?

Car la violence crée la violence et il se trouve un moment où personne ne peut plus la contrôler !

Faudra-t-il en venir là ?

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