"Le socle commun" des G.J.

Validant ainsi toutes mes analyses depuis le début du mouvement, le trente-deuxième samedi des Gilets Jaunes vient apporter la preuve que cette révolte est bien vivante et aussi qu'elle est en train de prendre la voie communaliste puisqu'elle envisage de mettre sur pied "un puissant organe de contestation collectif" par le truchement d'assemblées primaires...

...c'est ainsi que Jérôme Rodrigues, Priscillia Ludosky et Maxime Nicolle viennent de s'exprimer par un "manifeste" dont on peut lire le texte dans un billet posté par l'excellent Gavroche, sans oublier évidemment de prendre connaissance du dernier compte-rendu de notre amie Ceinna Coll sur le trente-deuxième samedi parisien des Gilets Jaunes.

A l'instar de ce qu'a écrit Charles Macdonald*, on peut raisonnablement dire que le soulèvement de ce groupe humain, soucieux de pacifisme, va peu à peu s'organiser par décisions prises collectivement au consensus. L'égalité est produite consciemment, valorisée explicitement, maintenue volontairement. Elle est fondée sur la pauvreté naturelle qui cimente le groupe : empathie, sympathie, asymétrie réciproque, distinction pouvoir/autorité, déférence...renforcent les liens. Et ceci crée la coopération, donc les solidarités, dans une stricte égalité.

Depuis le 17 novembre 2018, la vague Gilet Jaune a pris conscience de son identité et de sa force ; elle est devenue pour le pouvoir bourgeois, un cauchemar hebdomadaire et l'a acculé à devoir lâcher un peu de lest...

Mais elle a surtout pris conscience de l'impuissance de toute opposition légale (syndicale ou parlementaire) dans le carcan de la Ve République.

D'où sa réaction viscérale de chercher (et de trouver) un moyen pour sortir du piège institutionnel.

Ce que j'avais appelé "Populis" dans l'un de mes précédents billets est trés exactement le socle commun caressé par les Gilets Jaunes.

En profitant de l'opportunité offerte par les élections municipales, pourquoi ne pas envisager l'organisation d'assemblées libres et indépendantes  dans chacune des communes françaises ?

Car le citoyen prisonnier de la cage sociale et des fictions de la transcendance s'est bel et bien égaré dans la dictocratie macronienne, il ignore ce qui le meut. L'option anarcho-grégaire vient de réapparaître. En tout cas elle a été rendue possible.

Raison de plus d'espérer !

* "L'ordre contre l'harmonie, anthropologie de l'anarchie" (éditions Pétra)

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