Avis de tempêtes

En ce premier dimanche d'automne où la carte climatique de la France fait étrangement penser à sa carte politique, une grave dépression est en train de se creuser qui va probablement provoquer une ou plusieurs tempêtes...

... et métaphoriquement, une partie du pays continue à savourer un magnifique beau temps sous un ciel sans nuages tandis que les autres vaquent dans les bourrasques d'un début d'automne particulièrement frisquet. Comme si une "France des nantis" pouvait coexister harmonieusement avec une "France des laissés pour compte" frappée d'exclusion par le macronisme consulaire.

C'est ainsi que les sondages des instituts Cassandre décrivent notre situation présente, le tout étant relayé par les médias qui ne manquent pas de minimiser ces contre-performances, qualifiées de "trou d'air" ou d'humeur passagère...

En réalité, l'opinion publique qui avait porté à l'Elysée Emmanuel Macron en votant par défaut (c'est à dire en ne laissant aux électeurs que le choix entre la peste et le choléra*) se retrouve soudains - les yeux s'étant lentement dessillés - devant l'inexorable montée des "eaux glacées du calcul égoïste"...

Toutes les catégories sociales, toutes les générations, toutes les collectivités sont concernées par ces TGV de réformes technocratiques qui n'ont qu'un seul but : préserver, et même si possible accroître, les privilèges des classes dominantes vivant principalement dans les beaux quartiers des villes !

Il ne serait donc pas surprenant que la "vague populiste" qui a pointé son nez en Europe centrale et en Italie vienne submerger une République française qui n'a plus que ses oripeaux historiques pour faire croire qu'elle est toujours une démocratie.

Le seul garde-fou, la seule chance dont nous bénéficions, c'est l'extrême médiocrité des politiciens nationalistes français et leur incompétence à se saisir du pouvoir. 

Mais cette carence bienvenue est hélas équilibrée sinon annulée par l'inconsistance d'une opposition de gauche, uniquement préoccupée par ses querelles intestines ou fratricides et donc vouée à faire du spectacle pour justifier son existence...

Reste la colère du peuple !

* ce fût hélas mon cas ; j'ai du voter Macron au 2e tour afin d'éviter Marine Le Pen

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