Quoi qu'on s'en foute !

Tandis que Paris-Match nous propose une rentrée joyeuse avec la photo idyllique de "Zemmour à la plage", toute la classe politique bourgeoise multiplie les déclarations roboratives quant au devenir de la santé publique mais sur un fond grondant au lointain d'une "bataille navale" franco-australienne...

...car si on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, on estime en haut lieu que l'opinion publique doit être apaisée sinon anesthésiée par des grands coups de communication relatifs à la lucidité et à la bienveillance jupitériennes.

Et c'est ainsi que l'on va s'acheminer au petit trot vers la réélection du pharaon "Tout en Macron". Un pur produit des classes dominantes, un super technocrate issu des grandes écoles de la République. Une incarnation parfaite de l'Etat bourgeois.

Mais le poids de cet appareil gouvernemental est devenu si lourd que nous éprouvons le sentiment insupportable d'une restriction de nos libertés comme on n'en avait jamais connu, hormis évidemment lors de la période vichyste. Les gens étouffent et souvent on entend des expressions comme "l'état nous considère et nous traite comme des enfants" ou "je vis très mal cette situation" ou "ces mesures sont absurdes" ou "nous sommes dans une dictature sanitaire"...

Pourtant, aucun signe de révolte à l'horizon, la multitude courbe les épaules, certains râlent un peu plus fort mais très peu agissent ou tentent de s'opposer ; et la gauche qui devrait mener ce grand combat de sauvegarde républicaine, reste aux abonnés absents et se contente de multiplier les candidatures à l'Elysée avec néanmoins de superbes envolées incantatoires !

Pourquoi ? Pour l'immense majorité de nos concitoyens, l'Etat est absolument indispensable au bon fonctionnement de la société. Il peut prendre des mesures à l'évidence contraires aux intérêts publics, rien n'y fait. Les historiens ont beau rappeler que des sociétés sans état ont existé, que ces sociétés sans hiérarchie, sans domination et sans exploitation ont fonctionné pendant la majeure partie du passé humain, nous restons soumis comme des moutons qu'on conduit à l'abattoir...

Pourtant il faut bien reconnaître que l'état a été inventé pour protéger la classe des dominants ; il fait en sorte de neutraliser par la force ou la ruse tout ce qui pourrait menacer l'ordre social existant. Sa volonté est de tout surveiller, de tout contrôler, d'inspirer la peur en sanctionnant sans pitié pour éviter que les classes dominées, celles qui produisent les richesses ou celles qui font marcher les services publics, se révoltent et mettent à bas l'ordre inique du monde capitaliste.

Une autre société, libre et réellement égalitaire est possible : il ne dépend que de nous d'entreprendre sa construction, mais auparavant, il nous faudra nous débarrasser de l'état.

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