Je ne connais que peu de choses sur les conditions de l'incarcération de Serge Atlaoui, ce condamné à mort par la justice indonésienne dont l'exécution semble imminente. Mais comme je suis un farouche partisan de l'abolition de la peine de mort, tout mon être se révolte à l'idée qu'une machine d'Etat aveugle se soit mise en marche afin de broyer une vie humaine.
Tout mon être proteste contre cette "raison d'Etat" qui est invoquée chaque fois que l'on veut aller vers l'ignominie.
La "raison d'Etat" ? Mon cher ami Daniel Mayer la définissait ainsi : "c'est quand l'Etat perd la raison"...
Car d'après les explications de l'avocat de Serge Atlaoui hier soir sur le plateau du Grand Journal, la procédure qui a conduit cet homme vers le couloir de la mort est entachée de multiples irrégularités et le doute qui subsiste sur son éventuelle culpabilité aurait du être pris en compte par une Justice digne de ce nom. Mais le nouvel homme fort du régime, Joko Widodo, aurait besoin de montrer ses muscles...
En tout cas, je forme des voeux pour que l'irréparable ne soit pas commis et que notre compatriote ait la vie sauve.
Je citais Albert Camus dans mon précédent billet qui proclamait un retour salutaire vers une priorité de l'humain.
Avec Serge Atlaoui, comme avec Meursault, le héros de "L'étranger", nous sommes en face de Moloch.
"La vie humaine est inviolable".